novembre 28, 2022

CHU de Treichville / Examens de sang des candidats à l’école de Police : Bagarre rangée autour de 80 millions de francs CFA

photo : DR
Le CHU de Treichville vit au rythme d’une affaire qui fait des vagues actuellement dans le milieu de la santé. Il s’agit des fonds destinés à la réalisation du bilan sanguin des candidats au concours d’entrée à l’école de Police en cette année 2010. Montant global : 80 millions de francs Cfa. Comment cet établissement public de santé de niveau 3 s’est-il retrouvé dans cette affaire. Selon des informations concordantes, l’affaire remonte au mois de mars 2010. Date à laquelle le laboratoire Jean-Baptiste Mockey du CHU de Treichville soumissionne pour la réalisation de l’examen de sang des candidats à l’entrée à la Police nationale. Ce laboratoire dont la candidature a été présentée par le Dr Malan Adouobo est coopté par le service médical du concours dirigé par le Médecin-Commissaire Adou.

Sur la base du faux et usage de faux…
Dans la fiche technique, le Dr Malan précise que le laboratoire Jean-Baptiste Mockey, tout en étant logé au sein du CHU de Treichville est une entité privée donc autonome. Profil que recherche le service médical en raison, dit-on « des lenteurs et lourdeurs administratives avec les entités publiques qui retardent la réalisation des examens». Mais à la vérité, le laboratoire Jean-Baptiste Mockey n’est plus privé comme cela a été mentionné dans la fiche technique du Dr Malan. Si l’on s’en tient à une source proche de la direction du CHU de Treichville, depuis courant août 2009, la convention de concession liant cet établissement sanitaire à un opérateur privé pour l’exploitation du laboratoire en question a pris fin. Depuis lors, le laboratoire des urgences du CHU de Treichville est retombé dans le domaine public. Et son exploitation est désormais sous contrôle exclusif de la direction de cet établissement sanitaire public. La preuve en est que le Dr Malan, lui-même assistant pharmacien, a été affecté en qualité de chef du laboratoire Jean-Baptiste Mockey par le directeur du CHU le Pr Ezani Kodjo. Ainsi, le Dr Malan a usé de faux pour ‘’arracher’’ le juteux marché de la réalisation du bilan sanguin des candidats à l’entrée à l’école de Police.

… Dr Malan a arraché le marché du bilan sanguin des futurs policiers
Dans la course à ce marché depuis 5 ans, la ‘’témérité’’ du Dr Malan résulte en partie des fortes sommes d’argent que l’opération d’examen sanguin des candidats à l’école de police permet de brasser à chaque édition du concours de Police. « L’année dernière, le nombre de candidats est monté jusqu’à 30.000. Or chaque candidat paie 10.000 F pour faire son examen. Arracher donc ce marché, fait de l’opérateur un multimillionnaire», a signifié l’un des agents du service médical du concours. On comprend dès lors la patience du Dr Malan qui n’a point capitulé suite aux échecs répétés antérieurs. 2010 sera enfin ‘’l’année de son année’’ quand avec l’arrivée du Médecin-commissaire Adou à la tête du service médical du concours, il arrache enfin le marché du bilan sanguin des futurs policiers de Côte d’Ivoire. C’est du moins ce qui va s’incruster dans son subconscient quand il est retenu pour réaliser le bilan sanguin de 8000 candidats. Ce qui fait 80 millions de francs Cfa. Avant de démarrer l’opération, le Dr Malan informe la direction du CHU de Treichville. Celle-ci exige un contrat dûment signé liant cet établissement au service des concours de la Police nationale. Malgré cette demande, le Dr Malan engage ses prestations dans la clandestinité. Les premiers tests démarrent le 12 avril 2010 nuitamment sur trois sites. Ce sont le laboratoire central, le laboratoire Jean-Baptiste Mockey et le laboratoire du service de gynécologie. Dans ces locaux, des agents sous la supervision du Dr Malan, ‘’techniquent’’ le sang des futurs policiers dans le plus grand secret. Les premiers bilans sont achevés en fin avril 2010 et ils concernent 4649 futurs policiers. Après être entré en possession des résultats, le service médical sollicite du chef du bureau concours de la police les décaissements des premiers fonds pour l’opération « Ecole de Police ». Mais, il faut un compte-contribuable sur lesquels les deux premiers chèques de 22.560.000 F Cfa et 23.930.000 Cfa soit au total 46.490.000 F Cfa doivent être virés. Une exigence du ministère de l’Economie et des Finances. Pour contourner ce verrou et éviter que la direction du CHU soit informée de l’opération menée dans la clandestinité la plus totale, Dr Malan dépose le numéro du compte-contribuable de l’entreprise Markegest de Mme Lowell. Quelles sont les relations qui lient Markegest au laboratoire Mockey et partant, au Chu de Treichville ? Nos investigations révèlent que cette société a un contrat de sous-traitance en matière d’approvisionnement en réactifs au profit du laboratoire Jean-Baptiste Mockey, propriété du CHU de Treichville. Dans le cadre de ce contrat, Markegest alimente le laboratoire en réactifs pour éviter toute rupture lorsque la Pharmacie de la Santé Publique (PSP) refuse d’alimenter le CHU pour réclamer le paiement de ses factures en souffrance. De cette façon, le CHU arrive à tourner. Et pour le paiement des factures, Markegest a 60% et 40% revient au CHU. C’est donc sur le compte-contribuable de ce partenaire du CHU de Treichville que deux chèques d’un montant global 46.490.000 F Cfa ont été virés en l’absence de son responsable Mme Noëlle Lowell, hors du pays au moment des virements.

Le jack pot dans l’eau
De retour en Côte d’Ivoire, le directeur de l’entreprise Markegest constate que plus de deux mille (2000) réactifs du dernier stock qui avaient été déposés au laboratoire avant son départ à l’extérieur ont tous été épuisés sans savoir l’origine des examens de masse effectués. Elle constate par la suite que la somme de 46.490.000 F Cfa a été déposée sur son compte-contribuable sans rien savoir de l’origine ni du motif. C’est peu après que le Dr Malan, souhaitant récupérer la somme en question l’informe de ce qu’un mouvement financier avait été fait sur son compte au titre de l’opération «Ecole de police». Des grincements de dent vont avoir lieu lors du partage du butin. Ce qui va mouiller le jack pot. ‘’Le gombo va glisser’’ et l’opération va sortir du secret qui l’entourait jusque-là. Un document confidentiel dont nous avons obtenu copie portant répartition du « gâteau », retrace la part de chaque protagoniste. Sur les 46.490.000 F Cfa, le Dr Malan s’en est tiré avec 39 millions F Cfa, contre 1.800.000 F pour le CHU de Treichville, 5.690.000 F CFA pour Markegest au titre des réactifs utilisés au laboratoire Jean-Baptiste Mockey lui appartenant, 3.486.750 F Cfa au titre de la retenu fiscale pour le compte-contribuable de Markegest et 1.003.250 F Cfa pour les frais divers (autres réactifs et consommables achetés hors du CHU). De l’avis de proches du Dr Malan, la directrice de Markegest Mme Lowell aurait exigé 10 millions de francs Cfa pour son silence. Faute de quoi, elle informerait la direction du Chu de cette opération irrégulière et clandestine. Vrai ou faux ? Les commentaires vont bon train au CHU de Treichville et chaque agent y va de son appréciation. Quoi qu’il en soit, Mme Lowell informe le directeur du CHU le Pr Ezani de la très discrète opération «Ecole de Police». Ce dernier saisi à son tour par courrier le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique le Dr Aka Aouélé. Le premier responsable du département de la Santé qui attend les conclusions de l’enquête confiée au directeur général adjoint de la Santé, entend saisir son collègue de l’Intérieur, le ministre Désiré Tagro, de l’attribution d’un contrat régulier conclu avec des irrégularités à un soumissionnaire qui, sur la base du faux, s’est présenté comme propriétaire d’un laboratoire privé baptisé Jean-Baptiste Mockey. Comment l’institution policière connue pour sa rigueur n’a-t-elle pu déceler une irrégularité avec un soumissionnaire qui n’a manifestement pas de compte-contribuable et qui a brandi le compte-contribuable d’un autre opérateur sans accord écrit de celui-ci ? Les responsables du service médical du concours de l’école de Police ont-ils trempé dans une compromission ? De l’avis du chef du bureau du concours de l’école de Police, il n’en est rien. Le service de la Police en charge de l’organisation du concours avec ses différentes entités dont la cellule médicale est une victime et non le responsable d’une affaire qui ne le concerne « ni de près, ni de loin ». A l’en croire, son service n’est pas au banc des accusés pour deux raisons. D’une part, à l’en croire, le service médical du concours qui procède au choix des laboratoires d’analyses médicales bénéficie d’une autonomie pleine et entière à cet effet. D’autre part, le scandale ne gène pas le déroulement du concours, ne compromet non plus pas l’organisation du concours et ne met pas en cause l’honorabilité de l’un des organisateurs du concours. Mais, met en scène des civils qui n’ont rien à voir avec le concours et la police. « Il s’agit tout simplement d’une affaire entre des acteurs de santé qui ont étalé leurs incompréhensions et divergences sur la place publique. Nous n’avons rien à voir avec le contentieux qui a éclaté entre ces protagonistes pour le partage des recettes de la réalisation de l’examen sanguin de nos candidats. Il s’agit d’un problème interne à gérer entre des partenaires du CHU de Treichville. S’il y avait un problème au niveau du concours, on pouvait s’inquiéter. Puisque ce n’est pas le cas, il n’y a donc pas de feu en la demeure », a rassuré le Commissaire Tébily. Pour sa part, le Dr Adou, Chef du service médical du concours qui a donné le marché au Dr Malan a refusé tout entretien avec nous sur la question. Toutefois, ses proches soutiennent qu’il n’a jamais reçu « de part du gâteau » et qu’il n’a jamais rien sollicité du Dr Malan en contrepartie de l’attribution du marché. Or, des informations persistantes font état de ce que le service médical du concours de la Police a reçu sa quote-part qui se chiffre à 20 millions F Cfa. Dans ce décor de rumeur et d’informations colportées, le Dr Malan, le principal mis en cause, qui espère recueillir les derniers fonds de l’opération, a trouvé des ressources nécessaires pour réaliser les derniers bilans qu’il a d’ailleurs déposés le vendredi 07 mai 2010 au service médical du concours pour les incorporer dans le logiciel des résultats. Suscitant alors de nouvelles interrogations. Où ces examens ont été réalisés ? Les bilans sont-ils fiables ? « La fiabilité des résultats n’est pas à mettre en cause. Nous disposons de possibilités pour contrôler. Il n’y a donc pas de crainte à émettre à ce niveau », a souligné le médecin-commissaire Gnahoré Jérémie. Pour sa part, Fofana Ahmed, Coordonnateur de la coalition des syndicats du CHU de Treichville, n’est pas de cet avis. Pour lui, les examens s’étant déroulé dans la clandestinité, toutes les mesures requises en la matière n’ont pu être respectées. « Le préjudice financier pour le CHU de Treichville est réel. En outre, il urge de reprendre les analyses car la proportion de faux résultats est forte en l’espèce. Et c’est le CHU dont on a abusé dans l’affaire qui risque de se retrouver devant les tribunaux en cas de problèmes avec des futurs policiers lors de la formation. Dans la précipitation, des maladies n’ont pu être détectées. Et il y a lieu de craindre que des candidats retenus qui ne le devraient en raison de leur état de santé qui nécessite un suivi spécial, décèdent en pleine formation», a-t-il averti.

Le Contrôleur-Général Bredou M’Bia monte au créneau
Saisi de l’affaire par Mme Lowell, se plaignant d’un mouvement financier sur son compte-contribuable sans son aval, le directeur général de la Police est monté au créneau. Le Gal Brédou M’Bia a instruit le Dr Adou de recevoir le directeur de Markegest et lui signifier le motif de l’émission de deux chèques d’un montant de près de 47 millions de FCFA sur son compte-contribuable. Suite à cette injonction, le chef du service médical du concours a finalement reçu Mme Lowell. Lors de l’entretien dans les locaux du service médical sis à l’Ecole de Police, le Dr Adou a réduit le contentieux à un conflit de personnes entre deux partenaires qui auraient l’habitude de « faire des affaires » puisque manifestement le Dr Malan n’a eu aucune difficulté pour avoir le numéro du compte contribuable de Markegest. Aussi, s’est-il refusé à toute autre explication. Entre temps, le dossier a dépassé le périmètre de l’école de Police pour se retrouver sur la table du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique. Les regards sont désormais tournés vers le cabinet du ministre Aka Aouélé.

Encadrés

1- Un complot se prépare contre le Pr Djessou Prosper

La thèse du complot contre le Directeur coordonnateur des établissements publics de santé, se précise. Alors qu’il n’est en rien mêlé aux recettes du bilan sanguin des 4469 candidats à l’entrée à l’école de police, des détracteurs veulent par tout moyen l’incriminer parce que tout simplement le principal mis en cause, le Dr Malan est son Assistant. « C’est le Pr Djessou qui a recommandé sa candidature au bureau médical du concours. C’est encore lui qui a permis au Dr Malan d’avoir le marché de l’examen de sang des populations concernées par le problème d’intoxication de l’eau de la Sodeci. Je rappelle que cet examen a été réalisé au Chu de Treichville sans que la direction n’en soit informée et sans que le CHU ne reçoive sa part du contrat. C’est sur la base de la protection du Pr Djessou que Dr Malan s’autorise des actes de défiance et de mal gouvernance », accuse Sosthène Gnakri, président de la Mutuelle du CHU. Certes, l’on peut contester difficilement que le Pr Djessou ait appuyé la candidature de son ‘’filleul’’ pour qu’il arrache le marché juteux des examens sanguins de l’école de police, ou encore le contrat de l’examen des intoxiqués de l’eau de la Sodeci. Mais, cela ne suffit pas pour lui imputer par le truchement de syndicalistes aux ordres, la pleine responsabilité du scandale autour des 80 millions de F CFA des candidats-policiers dans lesquels on lui reproche d’avoir touché indûment comme part du ‘’gâteau’’ 17 millions de F CFA. Depuis le début de cette affaire, des agents de la Présidence et du ministère de la Santé ne cessent de harceler ce directeur centrale. Ceux-ci lui réclament leur part. Faute de quoi, ils vont remonter le dossier au Président de la République Laurent Gbagbo ou au ministre Aka Aouélé. Excédés des appels anonymes, ce professionnel de la santé qui exécute depuis l’an dernier dans les hôpitaux publics un programme ambitieux de démarche-qualité, a profité d’un séminaire à Grand-Bassam pour ‘’s’exiler’’ à l’intérieur du pays pendant près de 48 heures avant de regagner Abidjan le samedi dernier. A la vérité, le Pr Djessou dérange. Et bien d’acteurs du système ivoirien de la santé ont intérêt à le voir tomber. Mais pourquoi cet acharnement contre sa personne ? Selon des acteurs du milieu, deux raisons motivent la guerre faite à l’architecte de la démarche-qualité dans les formations sanitaires publiques. Primo, la contestation de la méthodologie de la démarche-qualité mise en œuvre par le Pr Djessou. Secundo, le contentieux avec les responsables du CHU de Treichville relatif au classement de 13 établissements publics de santé cooptés pour la phase expérimentale de la démarche-qualité. Cette politique suscite beaucoup de grincements de dents dans les hôpitaux publics. De nombreux praticiens de soins et gestionnaires des formations sanitaires publiques étant réfractaires à cette politique novatrice de management qui allie rigueur dans la prise en charge tant médicale que para-médicale et transparence dans le recouvrement des actes de soins ainsi que dans les partenariats avec des fournisseurs extérieurs. Lors de la phase expérimentale, les services de la direction des établissements sanitaires publics ont classé le CHU de Treichville dernier. Ce rang non honorable a fâché les responsables de cet établissement de niveau 3 qui ruminent depuis l’an dernier vengeance. Et l’on estime avoir à portée de main le bâton pour frapper : l’affaire des 80 millions des candidats de l’école de police. Nos investigations ont révélé que le Pr Djessou n’est signataire d’aucun acte susceptible d’engager sa responsabilité dans cette affaire. Le Dr Malan, son filleul a eu un contrat avec le service médical du concours de police. Il a caché l’existence de ce contrat à la direction du CHU. Le partage du gâteau avec le responsable de Markegest dont le compte-contribuable a été approvisionné de 46.490.000 F Cfa, a posé problème. L’affaire a éclaté au grand jour. D’où vient-il que l’on accable le Pr Djessou ? Assurément, il est dans ‘’l’œil du cyclone’’ et l’on comprend alors les coups bas et autres mesquineries contre sa personne pour le faire tomber.

2- La privatisation des laboratoires publics, un couteau à double tranchant

Faut-il ‘’bruler’’ le Dr Malan ? A cette question, de nombreux acteurs du milieu de la santé que nous avons rencontrés dans le cadre de ce dossier ont répondu par la négative. A les en croire, dans ce dossier, le Pr Ezani, directeur du CHU de Treichville n’a qu’à s’en prendre à lui-même pour s’être lancé corps et âme dans une opération de concession d’un service public à un opérateur privé. Et pour avoir ainsi favorisé ‘’l’intrusion’’ de partenaires extérieurs dans cet établissement de santé. Le contrat de concession liant le CHU logé dans la commune du maire François Amichia à l’opérateur privé qui a exploité le laboratoire Jean-Baptiste Mockey sans y laisser les équipements technologiques de pointe tel que promis dans le protocole d’accord a pris fin officiellement en août 2009. Ce qui avait suscité la grogne des syndicats du Chu qui avaient crié au contrat « de dupes » et avaient fait pression pour empêcher la reconduction du partenariat. Suite à l’expiration de ce contrat, la direction a signé un autre partenariat pour le moins curieux avec la société Markegest. Là encore, les termes du contrat sont gardés top secret et ce ne sont que les seuls initiés qui maitrisent le mystère du contrat avec Mme Lowell. Bien avant, lorsque le contrat de la privatisation du laboratoire des urgences a pris fin, le Pr Ezani n’a pas pris le soin d’en faire une large communication. Si bien que dans l’esprit de ses agents et de nombreux usagers de soins, ce laboratoire d’analyses médicales d’urgences demeure toujours sous le régime privé. Alors qu’il n’en est rien. Depuis courant août 2009, le laboratoire Jean-Baptiste Mockey n’est plus privé et appartient exclusivement au CHU de Treichville. Cela n’est pas su de tout le monde puisque des voix indiquent qu’il appartient désormais à Markegest de Mme Lowell. Intox ou rumeur ? La question demeure. Mais cet élément a pu certainement induire en erreur les 15 agents du service médical du concours de la Police qui n’ont pas voulu pour ainsi dire pousser loin les investigations avant la passation du marché au Dr Malan. A l’époque, Dagnogo Oléfongo, secrétaire général du syndicat des biotechnologistes a battu le pavé contre la privatisation des laboratoires publics. Un bras de fer s’est même ouvert entre les techniciens de laboratoires publics et des directeurs d’hôpitaux favorables à ‘’l’intrusion’’ du privé dans les formations sanitaires publiques dans le dessein de mobiliser des recettes considérables. « La mission première d’un hôpital public n’est pas d’engranger des recettes. Nous nous opposons à la privatisation des laboratoires publics tout simplement parce que les règles requises en la matière sont piétinées. Ce qui fait des laboratoires publics privatisés un véritable business des directeurs d’hôpitaux et leurs protégés», a récriminé Dagnogo dans une interview accordée à votre quotidien préféré. Pour cette prise de position, le leader des biotechnologistes a récolté des vertes et des pas mûres. Aujourd’hui, les faits lui donnent raison, puisque la privatisation dans le milieu médical public se présente bel et bien comme étant un couteau à double tranchant. L’opération peut marcher et permettre aux formations sanitaires publiques de mobiliser des recettes considérables. Mais, il faut l’entourer de garantie et faire preuve de rigueur. Ce qui veut dire qu’il ne faut plus en faire un business pour quelques individus. Mais pour l’ensemble des personnels de l’hôpital.

3- Le jeu trouble de cache-cache du Dr Malan

L’affaire des recettes du bilan sanguin des futurs policiers fait grand bruit au sein du CHU de Treichville. Dans un contexte d’informations colportées et de rumeurs tous azimuts L’Intelligent d’Abidjan a mené des investigations pour situer les responsabilités. Puis pour le recoupement, a voulu rencontrer les différents protagonistes. Si certains nous ont opposé un refus poli, il n’en fut pas le cas pour le Dr Malan qui s’est engagé dans un jeu trouble de cache-cache avec nous. Après un premier rendez-vous qu’il n’a pas honoré, le principal mis en cause a souhaité nous rencontrer « en territoire neutre » selon ses propres termes pour recueillir sa version des faits. Et c’est au bureau d’un de ses amis au Tribunal du Plateau, en l’occurrence un greffier qu’il avait promis nous livrer sa part de vérité. Mais, une fois de plus, il va choisir délibérément de se dérober. Au motif qu’il a réglé « son problème avec Mme Lowell et le directeur du CHU ». Ce jeu trouble de ce médecin qui a confié à certains de ses proches que nous n’avions que des « bribes d’informations pas toutes justes», cache-t-il un mépris ou un simple aveu de culpabilité ? Les jours à venir nous situeront davantage.

Avec le partenariat de L’Intelligent d’Abidjan / par M. Tié Traoré

Sat, 15 May 2010 08:09:00 +0200

0

Laisser un commentaire

Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
Accepter
Refuser
Privacy Policy