« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Séquestration à domicile / Touré Al Moustapha : ‘’Je porte plainte contre Bohoun Bouabré et le DGA de la police’’

«Les journaux ont écrit que Al Moustapha a été vidé de sa maison. Je n’ai pas été expulsé de ma maison. Il n’en est rien. Cette maison (Ndlr) que j’habite n’a pas de dalle. Parce que quand il pleut, l’eau entre partout. On cherchait une résidence juste pour un an, le temps de mettre une dalle. C’est ainsi que j’ai été approché par mon jeune frère. Celui-ci m’a informé qu’il a trouvé une maison pour moi. Nous sommes allés visiter la maison. On a trouvé le démarcheur en place. Le gardien qui habite la maison nous a informé que la propriétaire n’est pas à Abidjan. Et que celle-ci travaillerait à l’étranger, raison pour laquelle elle veut mettre sa maison en location. Le gardien nous a ensuite fait la présentation d’un homme répondant au nom de gérant de ladite maison. Il nous a même fait visiter la maison. Il avait tout le trousseau de clé. On a même fait un contrat en bonne et dû forme. Le gérant nous a indiqué que la maison coûtait 700.000 FCFA. Et on lui a dit de laisser à 600.000 FCFA, et que je pouvais payer pour un an. Ce qui fait 7,2 millions de FCFA. Dès que nous sommes tombés d’accord, mon épouse lui a remis de l’argent, en présence de mon petit frère. Et le gérant nous a reçu, on a fait un contrat de bail. Ce jour, il nous a informé qu’il quitterait la maison le lendemain, et qu’on pouvait prendre la possession de la maison. C’est ainsi que le lendemain 18 juin 2010, nous avons aménagé la maison. Et le jeudi 24 juin 2010, à 17 heures, il y a eu des cargos de police qui sont venus prendre ma famille en otage, au moment où j’étais en meeting à Abobo. Et quand on m’a appelé je suis précipitamment rentré. Quand je leur ai posé la question, ils m’ont dit qu’ils ont été envoyés par le préfet de police. Quand je suis entré en contact avec celui-ci, il m’a renvoyé chez le DGA de la police, le colonel Samibi. Ce dernier m’a également convoqué à son bureau. J’y suis allé avec mon jeune frère ainsi qu’un de mes collaborateurs. C’est ainsi qu’il m’a dit que la propriétaire de la maison que j’occupe travaille à la BAD», a expliqué le président du MJG. Soulignant que déjà au domicile, il a reçu des menaces de certains fonctionnaires de la BAD. «Ils m’ont dit que si je ne quittais pas la maison, la BAD ne reviendrait plus à Abidjan et qu’ils saisiront le représentant résident de la BAD qu’est le ministre Bohoun Bouabré», poursuit Touré Al Moustapha. A l’entendre, une fois entré en contact avec la supposée-propriétaire de la maison, celle-ci a promis de lui restituer l’argent qui lui a été pris par le gérant. Mais grande fut sa surprise le lendemain de constater qu’elle n’a pas pu exécuter ce qu’elle a promis. «Elle ne m’a pas remboursé, et dit qu’elle devrait voir le ministre Bouabré », raconte-t-il. Pour Touré Al Moustapha, tout avait été déjà aplani. «Parce qu’ à la Police, le DGA m’a dit que la décision venait de là-haut. Mais je sais que Bouhoun Bouabré est derrière. Parce que la dame m’avait déjà dit que le ministre était saisi. C’est ainsi que sous la menace de leurs armes, les policiers ont jeté mes affaires dehors. Je me dis que nous sommes dans un pays de droit et un ministre de la République ne peut pas envoyer des corps habillés dans une résidence sans aucun document de justice ni d’expulsion. Voici comment les choses se sont passées. Mais, ce n’est pas ma résidence. C’est une nouvelle maison que j’avais voulu prendre», précise-t-il. Au regard de l’évolution des faits qui frisent en quelque sorte la séquestration, le président du MJG exige que réparation soit faite. Mieux, il promet de saisir la justice. «Je vais porter plainte contre le ministre Bohoun Bouabré et le DGA de la police », indique-t-il. Aussi a-t-il tenu à faire des précisions sur les 14 millions qu’il aurait reçus de la part du ministre Bohoun Bouabré, au titre de réparation et dommages. «Je n’ai reçu aucun centime de la part de Bohoun Bouabré», précise Touré Al Moustapha

Honoré Kouassi

Tue, 06 Jul 2010 09:55:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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