« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Arts et Culture

Subvention des œuvres musicales – Des artistes se prononcent

Il y a plusieurs jours de cela, Maurice Kouacou Bandaman, ministre de la Culture et de la francophonie a remis trois (3) chèques d’une valeur totale de 30 millions de Fcfa à 3 studios d’enregistrement de la place. Cette somme, selon nos sources, devrait permettre à un peu plus d’une dizaine d’artistes d’enregistrer chacun un album et de le mettre sur le marché dans les semaines à venir. Ce sont entre autres: Kouadio Aya Philomène (Fifi Aya Kan) ; Kinimo Yah Monique (Ya Kinimo) ; Goua Droh Anatole (Tolio Anatole) ; Atchory Mel Emmanuel (Plekess) ; N’Da Elysée José (Naftaly) ; Yao Kouadio (Petit Morisson) ; Kouadio Konan Justin alias (Gasko Sran nouan) ; Soho Nioulé Lazare (Blé Marius et le super wassiatoh) et plusieurs autres. Si à priori cette initiative de subventionner la production de disques rejouit le cœur de plus d’un, elle suscite tout de même quelques inquiétudes dans le milieu artistique.

En effet, saluant la démarche de la tutelle, certains artistes s’interrogent quant aux critères qui ont présidé au choix de ces artistes qui bénéficient de cette manne. C’est le cas d’un Reggae man qui, joint au téléphone dans la soirée d’ hier et requérant l’anonymat, a déploré le fait que la part belle n’ait pas été accordée aux artistes en herbe. « La plupart de ceux qui ont été choisis ont déjà sorti des albums sur le marché, on les connaît déjà. Il aurait certainement été plus judicieux de penser aux artistes qui sont à la recherche d’un producteur pour sortir leur premier album », a-t-il asséné.

D’autres par ailleurs, considèrent qu’en dépit du fait qu’elle intervient comme une bouffée d’oxygène pour les artistes qui en bénéficient, cette subvention aurait dû servir à lutter contre le piratage des œuvres. « Il est bon de subventionner la production d’œuvres musicales, mais tant que la piraterie continuera à exister dans les proportions que l’on sait, les artistes continueront à vivre et à mourir dans la misère», a déclaré un zouglou man. Au fond, si le ministre Bandaman Maurice fait indubitablement œuvre utile en boostant la production des œuvres discographiques, son action n’aura un véritable impact sur les conditions de vie et d’existence des artistes que si elle prend également en compte les questions de promotion et de commercialisation. Et sur ces questions, le premier défenseur de la culture ivoirienne semble encore bien timide.



Francis Kouamé
In Le Démocrate

Thu, 27 Jun 2013 14:51:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

2 semaines ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

4 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

1 mois ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

2 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

2 mois ago

This website uses cookies.