« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Une question de culture politique


Le président Laurent Gbagbo est de ceux dont les adversaires et les pires ennemis politiques disent aujourd’hui que même quand on n’a pas le lièvre en estime, on est souvent obligé de se rendre à l’évidence qu’il court vite. Avant qu’il n’accède démocratiquement à la magistrature suprême et pendant qu’il exerçait le pouvoir politique, il n’a jamais cessé de demander à ses adversaires et ennemis politiques de s’asseoir pour discuter. Jusqu’au jour du bombardement de son palais et même aujourd’hui encore, malgré les fers de son enfermement, l’Homme continue de croire en la vertu politique de la discussion et du dialogue. Plus qu’une option politique, c’est une question de culture. Ce sont les échanges rationnels qui fondent la gestion des hommes dans une société donnée. René Descartes disait en substance dans ses Principes de la philosophie que la civilisation d’une société se mesure au prorata du nombre de ses penseurs. C’est-à-dire qu’une société n’évolue que quand elle regorge de personnes capables de s’asseoir pour discuter rationnellement. On en déduit, que la barbarie des rebellions, des coups de force politique, des menaces et ultimatums bidons nous éloignent du progrès des sociétés. Laurent Gbagbo a tellement bien compris cela qu’il a fait de « asseyons nous et discutons» son slogan politique. Durant les 10 ans qu’il a passés au pouvoir, il n’a eu de cesse, même à son détriment, de rechercher le dialogue politique avec ses adversaires. Le forum national de réconciliation qu’il a initié dès 2001 aurait pu soigner tous nos maux, si la mauvaise foi de ceux qui allaient lâchement attaquer son régime plus tard, ne s’y était pas mêlée. Même sous les bombes du 11 avril 2011, l’Homme continuait de penser que la solution ne pouvait venir que d’une table ronde autour du recomptage des voix. Alassane Dramane Ouattara dit avoir été élu démocratiquement président de la République de Côte d’Ivoire, et juge les conditions de son élection moins calamiteuses que celle de son prédécesseur, mais il n’arrive pas à s’asseoir pour discuter avec son opposition. Dans un pays où tout va bien, il n’y est vraiment pas obligé! Mais dans ce pays en déliquescence politique, Dramane Ouattara est demandeur du dialogue politique. S’il fait comme s’il n’en avait pas besoin, c’est simple. Il n’en a pas la culture! 



Joseph Marat

Mon, 02 Apr 2012 22:27:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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