«Libération nationale, renaissance nationale, restitution de la nation au peuple, Commonwealth, quelles que soient les rubriques utilisées ou les formules nouvelles introduites, la décolonisation est toujours un phénomène violent. »
Quand il écrit les premières lignes des Damnés de la terre, en mai 1961, Frantz Fanon se sait déjà condamné par la leucémie myéloïde dont il est atteint. Il aura tout de même la chance de voir son livre publié de son vivant, aux éditions Maspero, et préfacé par le philosophe français Jean-Paul Sartre.
L’ouvrage, édité dans la discrétion, est interdit dès sa diffusion pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ». En pleine guerre d’Algérie, l’inverse eût surpris… Quoi qu’il en soit, le texte trouve tout de suite un large écho.
Une préface qui ne fait pas consensus
« Ni traité d’économie, ni essai de sociologie voire de politique, cet ouvrage est un appel et même un cri d’alarme sur l’état et le devenir des pays colonisés », écrit Alice Cherki dans la préface à l’édition de 2002.
S’adressant à un lecteur africain, Fanon écrit : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » Sa prose est lyrique, prophétique, et la question de la violence, au cœur du propos.
POUR ALICE CHERKI, FANON ENTEND SURTOUT FAIRE DE LA VIOLENCE COLONIALE UNE ARME CONTRE LE COLON
Dans sa préface, Sartre en propose une forme de caricature. « Car, en ce premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé.
Restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds. »
Pour Alice Cherki, Fanon entend surtout faire de la violence coloniale une arme contre le colon : « Cette violence, au lieu d’être niée, doit être organisée en lutte de libération qui permet le dépassement. » Nuance.
Martiniquais comme Fanon, l’écrivain Raphaël Confiant vient de publier une biographie imaginée intitulée L’Insurrection de l’âme.
Lire la suite sur jeuneafrique.com
Mon, 27 Sep 2021 16:08:00 +0200
L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…
Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…
Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…
Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…
Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…
Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…
This website uses cookies.