novembre 29, 2022

Mali : “Est-ce qu’on aurait eu la même réaction, si un individu se filmait en donnant des coups de pieds dans des objets de cultes animistes ?”

Jumah Mubarak à toute la Ouma. 

Il y a un principe en droit pénal; le principe de légalité des délits et des peines qui dispose qu’on ne peut être condamné pénalement qu’en vertu d’un texte pénal précis et clair (en latin, Nullum crimen, nulla pœna sine lege, c’est-à-dire « [il n’y a] aucun crime, aucune peine, sans loi.

Autrement dit pour que le blasphème et l’apostasie soient punis, il faut que des dispositions légales le prévoient.

Alors bien sûr que les actes de profanation envers une religion sont à bannir, surtout si il s’agit de la religion embrassée par “la grande majorité des Maliens”.

Ceci dit à partir du moment où nous avons opté pour une République Laïque, nous ne pouvons punir le blasphème et l’apostasie que en les requalifiant.

Je réitère donc ma suggestion concernant l’article 32 de l’avant Projet de Constitution ou je disais : Avant-Projet de Constitution du Mali, Analyse de l’article 32 : 

“ARTICLE 32 : La laïcité a pour objectif de promouvoir et conforter le vivre-ensemble dans la société, fondé sur la tolérance, le dialogue et la compréhension mutuelle.

Pour l’application de ce principe, l’État garantit le respect de toutes les croyances ainsi que la liberté de conscience, de religion et le libre exercice des cultes. ”

Vu que le Mali est un pays à plus de 90% Musulmans,

Vu que plusieurs dispositions législatives sont inspirées de la Charia (mariage, succession…),

Vu qu’il a été créé au Mali un Haut Conseil Islamique depuis 2002 qui regroupe des associations et leaders religieux chargés de faire l’interface avec les autorités,

Vu qu’il existe des Constitutions ou la religion d’État est l’islam (Maroc, Algérie), tout en permettant la liberté de culte, de croyance et la tolérance mutuel, il peut être envisagé de reformuler l’article 32 comme suit : “L’Islam est la religion d’État qui garantit à tous le libre exercice des cultes ; 

Par conséquent, l’État garantit le respect de toutes les croyances ainsi que la  liberté de conscience, de religion et le libre exercice des cultes”.

Il faudra par la suite faire des modifications sur la loi n°2019-56 du 5 Décembre 2019, portant répression de la Cybercriminalité, notamment sa Section 1 du Chapitre VIII intitulée “Disposition d’écrits ou d’images de nature raciste ou xénophobe par le biais d’un système d’information” à changer par “Disposition d’écrits ou d’images de nature raciste, xénophobe ou /blasphématoire/par le biais d’un système d’information.”

Mais également le Code Pénal, même s’il est déjà prévu des peines pour LES CRIMES ET DÉLITS À CARACTÈRE RACIAL RÉGIONALISTE OU RELIGIEUX

ARTICLE 58 : Tout propos, tout acte de nature à établir ou à faire naître une discrimination raciale ou ethnique, tout propos, tout acte ayant pour but de provoquer ou d’entretenir une propagation régionaliste, toute propagation de nouvelles tendant à porter atteinte à l’unité de la nation ou au crédit de l’État, toute manifestation contraire à la liberté de conscience et à la liberté de culte susceptible de dresser les citoyens les uns contre les autres, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et facultativement de cinq à dix ans d’interdiction de séjour.

Cependant, est ce qu’on aurait eu la même réaction, si un individu se filmait en donnant des coups de pieds dans des objets de cultes animistes (Boli, Daga et autres fétiches) ? Je n’en suis pas convaincu. 

On peut retenir dans le cas d’espèce qu’il faudra une bonne qualification et/ou une bonne réqualification des faits.

D’un point de vu légal le Blasphème et l’Apostasie sont punis dans un certains nombres d’États (71 Pays si je ne me trompe pas).

Pour Rappel : 

– Le terme « blasphème » vient du latin blasphemia, lui-même emprunté au grec βλασφημία, substantif correspondant au verbe βλασφημέω qui signifie « parler mal de quelqu’un, attenter à la réputation, injurier, calomnier ». Le second élément de ces deux mots se retrouve dans le substantif φήμη, « parole, discours ». En revanche, l’origine du premier élément βλασ- est peu claire, même s’il est tentant de rapprocher celui-ci de βλάϐη, βλάϐος, « dommage » et de βλάπτω, « endommager, causer du tort, nuire ». C’est dans le grec de la Septante et du Nouveau Testament que le verbe et le substantif ont reçu le sens religieux de « blasphémer ». Selon les époques et les régions du monde, le blasphème dans son acception religieuse a pu être toléré ou réprimé. En 2020, la situation varie fortement d’un pays à l’autre. Ainsi, certains pays n’ont jamais pénalisé le blasphème (exemples : États-Unis, Chine, Japon) ou ont aboli leurs lois sur les propos blasphématoires (exemples : France, Canada, pays scandinaves), tandis que d’autres appliquent encore une législation pénalisant les blasphémateurs, par des sanctions allant de la simple amende (exemples : Italie, Autriche, Brésil) jusqu’à la peine de mort (exemples : Afghanistan, Brunei, Mauritanie, Nigeria, Iran, Pakistan, Somalie, Arabie saoudite), en passant par diverses peines d’emprisonnement (exemples : Allemagne, Russie, Inde, Égypte). (Voir Wikipedia)

– le Terme apostasie (du grec ancien ἀπόστασις (apóstasis), « se tenir loin de ») est l’attitude d’une personne, appelée apostat, qui renonce publiquement à une doctrine, une croyance ou une religion. L’apostasie peut signifier la renonciation à une doctrine ou une religion, ou au fait de se soumettre à l’autorité représentant ladite doctrine (comme l’autorité religieuse ou celle d’un parti politique). Dans le contexte religieux (le plus courant), l’apostasie signifie la renonciation par un individu, adulte et responsable, à faire partie d’une organisation religieuse. La renonciation sous la contrainte (politique, parentale…) ou par perte des facultés cognitives n’est pas considérée comme de l’apostasie. (Voir Wikipedia)

D’un point de vue Citoyen

Je suis contre toute actions, tendant à diviser les Maliens (entre Nord et sud, entre Peulhs et Dogons, entre musulmans et non musulmans….)

Pour rappel, le Kemitisme bien que s’inspirant de la religion de l’Égypte antique et ils suivent aussi les lois de Maât (l’ordre cosmique) cela ne la rend pas incompatible avec la religion du Dieu unique Bambara Mangalla, ni avec les religions du livre.  Je connais des Kémites Chrétiens et des Kémites Musulmans. La démarche Kémitique consiste à faire émerger la vérité via des preuves et un raisonnement scientifique. Cela n’est en rien incompatible avec la foi des uns et des autres et le respect y relatif.

Pour Doumbi Fakoly, le réflexe qui consiste à venir en soutient à un membre de sa communauté est compréhensible. Mais il ne faut pas je pense tombé dans l’extrême. Des débats pourront se faire avec des Érudits des différentes religions et culte. Dans le respect des croyances des uns et des autres.

Dieu Guide qui il veut et quand il le veut…

Après, quelques soient l’appellation que donne les uns ou les autres, il convient de retenir l’infiniment plus grand, plus puissant, plus sage, plus miséricordieux comme étant à l’origine de toute création qu’il s’agisse de Musulmans, de Chrétiens de Juifs, de Zoroastre, de Bouddhiste…

Que Dieu nous Accorde en ce Vendredi Saint Sagesse, Tolérance et Piété.

Assane Magatte Seye

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