• sam. Jan 17th, 2026

    La Liberté d'Informer

    Côte d’Ivoire – Japon : Le grand appel du pays du soleil levant

    Ivoiriennes, Ivoiriens, Chers Amis !

    Il y a eu, la semaine dernière, à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Tokyo, au Japon, une petite cérémonie culturelle et politique aussi réjouissante que vivifiante.

    La princesse royale Kuroda Sayako, sœur de l’empereur Naruhito, a tenu à retourner à l’État de Côte d’Ivoire des pièces authentiques d’art traditionnel ivoirien, reçues comme souvenirs du Président Felix Houphouët Boigny, à Yamoussoukro, en 1993.

    À cette époque, son époux, de haute lignée nobiliaire impériale, et elle-même, avaient séjourné en Côte d’Ivoire, à l’invitation du Président Houphouët Boigny.

    Ce dernier avait estimer, à juste raison, que dans leur cycle de formation et de connaissance du vaste monde, de ses peuples et de leurs cultures, ceux dont la voix comptait auprès des souverains du Japon, qui était devenu l’un des géantséconomiques mondiaux, se devaient d’être instruis des différentes cosmogoniesdes Noirs d’Afrique.

    Ils avaient déjà échanger sur les nombreux traits d’identité culturelle et linguistique entre certains des grands groupes peuplant le Japon, et de grandesentités africaines telles que les Akan de Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo.

    Espérons que l’heureuse initiative de cette grande dame du Japon, qui s’inscrit dans le fil de sa formation universitaire en anthropologie, archéologue et arts, ouvrira la porte à beaucoup d’autres cérémonies du même genre , et que nous pourrons voir revenir vers nos pays une grande partie des œuvres d’art qui, à l’époque de la colonisation, et jusque même les années 1980 , ‘’ atterissaient’’ dans les livings , salons , garages et greniers des quelques rares autorités d’état,ou Colons / Toubabous, qui y portaient attention ou intérêt .

    Le Président Houphouët Boigny recevait de grandes quantités de figurines,colliers et statuettes, de toutes les régions de Côte d’Ivoire et de la sous-région,souvent réellement assignées à sa protection ‘’mystique’’ et à assurer réussite à ses entreprises.

    Les rois et notables donateurs n’avaient pas obligation d’y agrafer des modes d’emploi, leur seule personne et autorité valant estampille ou ‘’griffe’’. Ces objets étaient soit prélevés dans leur réserve personnelle d’articles de protection,soit exécutés à la demande par des artisans très spécialisés qui n’opéraient qu’àla seule demande et destination des cercles royaux.

    Mais cette grande dame a ressorti et relevé le critère qui vaut pierre d’angle pour toutes ces œuvres, quelles que soient les lieux et circonstances qui les ont vu naître.

    Ces œuvres procèdent de l’esprit du peuple et du sol qui les ont reçues et abritées, et elles s’intègrent à leur âme propre.

    Et leur place et demeure est et restera toujours le terroir de ce peuple, sur la terre d’origine.

    Une statuette baoulé ou senoufo dans un musée ou une salle d’exposition à Tokyo à 14.092 89 KM du site et du cadre de leur conception et confection, etsurtout des êtres humains qui s’y reconnaissent, c’est comme si un petit génie de nos régions avait fugué, s’était perdu par monts, par vaux et outre mer , et attendait désespérément la main charitable qui le ramènerait au village avec les mots d’apaisement et de réconfort d’usage.

    Dans les décennies qui viennent, l’on devrait voir poindre 2 phénomènes relevant de la même inspiration.

    A / De nombreux particuliers, en Occident, se sentiront moralement obligés de retourner aux pays africains d’origine les pièces d’art de facture rare et etexceptionnelle qu’ils détiennent à domicile.

    La nouvelle génération, en ces pays, leurs descendants et ayants droit, ne voudront pas continuer à porter le poids de la grande culpabilité morale quidécoule du présupposé que ces œuvres ont été volées, arrachées de force ou achetées à vil prix à des colonisés totalement hors sol par rapport aux sommes énormes que brassent les marchés de l’art originaire des pays dits lointains ouexotiques.

    B/ les grands collectionneurs privés d’œuvres d’art africain, qui sont connus et ont pignon sur rue, se mettront en mutuelle pour créer des musées spécifiquement dédiés à ces œuvres, le grand souci étant d’assurer le coût de leur entretien et conservation.

    Cette formule aura le mérite de ne pas mettre en difficulté les pays africains qui,à ce jour, dans leur grande majorité, ne peuvent pas mobiliser les expertises et énormes moyens que requiert la conservation en bon état de ces œuvres.

    À ce stade, il n’est ni exagéré, ni superflu d’attendre du gouvernement et de toutes les autorités partie prenante au fait culturel, d’organiser des campagnes d’information et sensibilisation de tous, Ivoiriennes, Ivoiriens et autres, pour identifier et pré collecter les nombreux objets à l’abandon dans les maisons et cases, auxquelles personnes ne prête attention , exposées aux razzias des enfants avides de jouets ?

    Parce que la grande dame du Japon, amie de la Côte d’Ivoire, nous aura dit une seule chose et en grand silence, avec la pudeur qui est la règle en son pays :

    « Dans le monde à venir, c’est en termes de civilisation et de culture que les différentes nations tireront le train de l’humanité. »  

     Allons tous humblement et résolument à son école !

    Fait à Abidjan le 02 Avril 2025

    Le Ministre Kobena I. Anaky

    Président du MFA  

    Retrouvez La Chronique du Président Kobena I. Anaky tous les mercredis sur www.ladepechedabidjan.info

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