• jeu. Juil 16th, 2026

    La Liberté d'Informer

    Côte d’Ivoire : une mobilisation inédite à Abidjan contre le « mandat de trop »

    ByLa Dépêche d'Abidjan

    Août 11, 2025

    À Abidjan, la rue gronde. À quelques mois du scrutin présidentiel, la Côte d’Ivoire traverse une période de forte tension politique. Le régime du président Alassane Ouattara, porté par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), est accusé par une partie de l’opposition et de la société civile d’adopter une gouvernance autoritaire et d’écarter toute concurrence réelle.

    Les critiques dénoncent une centralisation accrue du pouvoir, une marginalisation systématique des opposants et un favoritisme ethnique, associé à la politique dite du « rattrapage », perçue comme un outil de promotion d’un groupe au détriment de la diversité nationale.

    Malgré les engagements officiels en faveur de la démocratie, plusieurs figures emblématiques de l’opposition, dont Laurent Gbagbo (PPACI) et Tidjane Thiam (PDCI), ont été écartées de la course à la présidentielle. Les décisions judiciaires à l’origine de ces exclusions sont contestées, certains y voient une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

    La perspective d’un quatrième mandat pour Alassane Ouattara accentue les crispations et ravive les craintes quant à la transparence et à l’inclusivité du processus électoral.

    Une mobilisation inédite depuis des années

    Samedi dernier, à l’appel du Front commun, coalition réunissant le PPACI et le PDCI-RDA, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Abidjan pour dire « Non au mandat de trop » et réclamer une élection ouverte à tous les candidats.

    Cette mobilisation, la plus importante depuis plusieurs années, marque un tournant dans la contestation. Dans la foulée, deux cadres du PPACI, Lida Kouassi Moïse, ancien ministre d’Etat, ministre de la Défense et Koné Boubacar, ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire en Afrique du Sud, ont été arrêtés, alimentant de nouvelles tensions entre le pouvoir et l’opposition.

    Un communiqué du procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, diffusé sur les réseaux sociaux, indique que ces arrestations font suite à des violences survenues dans la nuit du 1er août à Yopougon, au cours desquelles des incendies, des dégradations et des actes d’intimidation ont été commis. Selon cette note, les personnes arrêtées seraient impliquées dans l’organisation de ces événements, dont le but était de semer la terreur après l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara.

    À la lumière de ces faits, l’enjeu de ce scrutin concerne la crédibilité même de la démocratie ivoirienne.

    Axel Illary

    Laisser un commentaire

    Nous utilisons des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience possible sur notre site Web. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre utilisation des cookies.
    Accepter
    Refuser
    Privacy Policy