Nous sommes à mi-janvier 2026 en Côte d’Ivoire, et, pour ce qui est des grandes attentes de tous quant au nouvel élan que devraient prendre l’histoire et le destin de notre pays, les lampions se sont éteints, et l’heure est aux constats et aux bilans.
En tête de tout registre s’impose le fait que le RHDP, le parti politique du Président Alassane Ouattara, peut, à juste titre, faire résonner les clairons et tambours de la victoire, et même du triomphe ; puisqu’il a engrangé les 2 victoires de la présidentielle et des législatives.
Au niveau Africain et international, l’on n’aura d’œil et ne retiendra que cela. Toutes les réserves énumérées sans relâche par les partis politiques de l’opposition et la société civile, interne commeinternationale, quant au système électoral en place, qui est une véritable usine à ne produire que victoires au RHDP du President Ouattara, n’ont eu, à ce jour aucun impact effectif sur le système, et encore moins sur son bras séculier électoral, la CEI.
Tous, Ivoiriennes et Ivoiriens, devons commencer à boire la tasseamère de la frustration pour encore 5 années.
Le décor de la gouvernance, au niveau de l’exécutif comme du législatif, est planté, et bien exposé au soleil et au regard de tous.
Aux élections de 2025, c’est l‘ensemble des voix des Ivoiriens, qui pensent autrement, et ne se reconnaissent pas dans le système Ouattara, qui aurait dû enfin monter en puissance et tonner plus fort que jamais pour battre le RHDP et Ouattara, et permettre cette alternance qui est le seul salut pour notre pays.
Hélas , deux fois hélas , non seulement le verrou électoral a assuré la victoire au RHDP et a Ouattara, mais il leur a assuré une main mise encore plus forte sur la vie publique du pays , puisqu’en sus du boulevard de pouvoirs que leur assure la présidence , le bastion de contre-pouvoir , de contrôle et de résistance que constitue une représentation forte et significative à l’Assemblée Nationale en sort gravement réduit puisque les députés du RHDP , au nombre de 198sur 250, pèseront près de 80 % sur les décisions.
Et, un malheur n’arrivant jamais seul, ce n’est plus pour assurer et défendre un modèle de vie publique démocratique moderne que les Ivoiriens devront se mobiliser et lutter, mais c’est un combat de tranchées, sourd et sans merci, qu’il faudra désormais reprendre, pour ne pas que la Côte d’Ivoire replonge dans le système de parti unique qui a régné jusqu’en 1991.
Il y aura donc forcément nécessité politique pour tous les opposants d’élaborer de véritables programmes pour enseigner aux jeunes adultes et décideurs d’aujourd’hui, ce qu’est l’engrenage de l’expression publique à voie unique, et surtout son poids social etpolitique sur les esprits et les consciences, dans l’ambiance de la terreur naturelle et immanente qui en exsude.
Ivoiriennes, Ivoiriens partons du simple principe que la vie ne s’arrête pas, tout comme la terre tourne autour du soleil qui nous donne lumière et vie tous les jours !
Une bataille perdue n’enterre pas une guerre dans le marbre, et la cause pour laquelle vous vous mobilisez est juste, bonne, et immortelle : vous réclamez votre dignité d’humains et de nationaux du pays sur le sol duquel vous vivez après vos parents, et qui accueillera vos descendants.
Ce coup dur qui vient de nous être porte procède d’une volonté et d’un projet ourdis dans les années 1980, lorsque les nouveaux maitres du monde imposèrent l’un de leurs officiers les plus implacables et irréductibles au President Houphouet Boigny pour prétendument redresser l’économie d’une Cote d’Ivoire qu’ils avaient pris soin de mettre à genoux en laissant s’effondrer les cours du cacao.
Ivoiriennes, Ivoiriens, dès Janvier 2026, maintenant donc, retrouvez vos esprits et intelligences, et partez du principe simple et premier qu’une guerre commence toujours par conception, création, organisation et consignation des moyens et rôles, sur une feuille de papier, ou dans le sable,
Une fois qu’elle se sera reprise en elle même, l’opposition Ivoirienne, toutes branches confondues, se souviendra qu’elle a déjà connu des contextes et conditions tout aussi difficiles et délicates, et que c’est sa foi et sa détermination sans failles, dans la solidarité, qui lui ont permis d’enregistrer sans arrêt des acquis sociaux et politiques que 1991 et le retour à l’expression publique plurielle ont couronné.
Bonne Année Politique 2026 !
Que la Cote d’Ivoire reste une terre benie!
Abidjan, le 09 Janvier 2026
Kobena I. Ivoirien
Citoyen Ivoirien

