Depuis toujours, les humains représentent leurs dieux à leur image. Pourtant, des peuples ont été amenés à vénérer des divinités qui ne leur ressemblaient pas, étrangères à leur culture et à leur histoire. Ce phénomène est le produit d’une domination culturelle et religieuse.
À travers l’histoire, colonisateurs et missionnaires ont diffusé des croyances reflétant leur propre culture et leur vision du monde. Les populations conquises, privées de leurs dieux et de leurs rituels, ont été contraintes d’adorer des divinités étrangères. Ces figures, aux traits et aux valeurs exogènes, ont participé à l’effacement de l’identité culturelle des peuples soumis et au renforcement de la légitimité des dominants.
L’imposition de dieux étrangers instaure une hiérarchie culturelle valorisant l’étranger au détriment du local. Cela aliène le dominé, l’amenant à se reconnaître dans des figures qui ne correspondent pas à son apparence et qui sont sans lien avec sa culture. Dans ce contexte, les images, les rites et les récits imposés structurent la perception de soi et du monde.
S’agissant des peuples noirs colonisés ou asservis, la diffusion du christianisme ou de l’islam s’est accompagnée de l’imposition de dieux présentés comme universels, alors qu’il n’en est absolument rien.
En réalité, ces divinités sont des instruments de domination qui maintiennent les Noirs dans la soumission spirituelle.
Dès lors, il est nécessaire de rejeter les représentations divines étrangères et de retrouver le divin à l’image des Noirs, qui est porteur des valeurs africaines.
Il s’agit d’un acte de libération spirituelle et d’un geste de mémoire, car, comme l’affirme Omotoundé Kalala, « si vous priez une divinité qui ne vous ressemble pas, vous êtes colonisés. »
Axel Illary

