« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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11 avril 2011 : Le silence de Blé Goudé intrigue le pouvoir

Les événements rappelant la provocation de la chute par les armes du régime de Laurent Gbagbo ont été commémorés en Côte d’Ivoire. Tant par le Front populaire ivoirien, (Fpi) que par le pouvoir actuel. A cette occasion, les hommes du camp Dramane Ouattara avaient aussi, disent nos sources, les oreilles tendues vers le leader de la galaxie patriotique, Charles Blé Goudé. Tout comme les démocrates et les patriotes ivoiriens, surtout après les rumeurs alar- mantes sur son état de santé. C’est dire que le pouvoir, lui- aussi, attendait un message ou une déclaration du «Génie de Kpo». Mais grande fut la surprise et le désarroi, nous a-t-on appris, de tous les affidés du ré- gime qui se sont rendu compte qu’il n’en rien. En effet, re- connu pour la force et la perti- nence de ses messages à l’endroit de la classe politique ivoirienne en général, des pa- triotes de Côte d’Ivoire et parti- sans de Laurent Gbagbo en particulier, Blé Goudé, de son lieu d’exil, reste toujours très attendu lors des grandes occa- sion. Or, il s’est voulu peu pro- lixe sur le 11 avril 2011. Pourtant, cette date restée gra- vée dans la mémoire des Ivoi- riens au regard de la chape de plomb qui s’est abattue sur la démocratie en terre ébur- néenne. Un silence qui n’a pas manqué d’alimenter les conver- sations au sein du camp au pouvoir. «Pourquoi Blé Goudé, d’ordinaire prompt sur des événe- ments importants, ne dit rien sur celui marquant du 11 avril 2011. Pourquoi n’a-t-il produit aucun communiqué ?», s’est interrogé un membre bien intro- duit dans les arcanes du camp Ouattara. Qui a exprimé ses «in- quiétudes» face à un tel silence de la part du leader du Congrès panafricain des jeunes pa- triotes(Cojep). «Que prépare t- il. Pourquoi n’a-t-il pas parlé le 11 avril. Ce n’est pas clair», se demande le camp Ouattara. Poussé en exil, en avril 2011, après l’arrestation du président Laurent Gbagbo, le génie du «Kpô» continue, malgré son éloi- gnement de sa terre natale, de hanter le sommeil des tenants de l’exécutif actuel. Aussi son si- lence sur la commémoration des événements du 11 avril, trouble le sommeil du camp Ouattara. «Il est étonnant que Blé Goudé n’ait produit aucun communi- qué pour le 11 avril. Que lui ar- rive-t-il», s’intrigue davantage un autre interlocuteur. non sans ajouter : «Charles Blé Goudé a été pourtant un des principaux acteurs de la crise postélecto- rale». Les Ivoiriens et la classe politique nationale et interna- tionale se sont rappelés la chute suivie de l’arrestation de l’an- cien président Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, transféré en ca- timini dans la nuit du 29 au 30 novembre de la même année à la prison de La Haye, aux Pays- Bas.

Odette Latey in Le Temps

La force du discours du porte-voix d’une jeunesse
Quand Blé Goudé parle, on dit que Blé Goudé parle trop. Quand Blé Goudé ne parle pas, les mêmes détracteurs se demandent pourquoi Blé Goudé ne parle pas. Au moins, les te- nants actuels du pouvoir ont le mérite de reconnaître la force du message de Blé Goudé, même s’ils ne l’aiment pas. Ouattara et le Rhdp attendant fiévreusement le discours de Blé Goudé comme un moment important de la commémoration du 11 avril ! Ahurissant, tout de même. C’est la preuve que, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, le génie de Kpo ne laisse personne indifférent. Même pas Ahoussou Jeannot, actuel Pre- mier ministre qui, en sa qualité de ministre de la Justice, avait promis à Ouattara, lors de «sé- minaire gouvernemental» sous
Guillaume Soro, en juillet 2011, devant témoins et journa- listes, de ramener Blé Goudé au pays sur une potence, s’il ne le ligotait pas pour le loger à vie dans une cellule spéciale au Camp Boiro du nord, sous la tor- ture. En fait, même ceux qui ré- clament sa tête sont conscients que Blé Goudé est le porte –voix de la jeunesse ivoirienne. Une jeunesse qui se bat, aux côtés de Laurent Gbagbo, pour la sou- veraineté de la Côte d’Ivoire. Une jeunesse qui n’est plus prête à accepter la colonisa- tion, qui dit non au pillage des richesses de l’Afrique par la France, qui refusent la sujétion et à l’asservissement. Et c’est cette jeunesse qui, faisant face à l’arbitraire du pouvoir Ouat- tara, se dresse aujourd’hui, les mains nues et pacifiquement, contre la dictature. Blé Goudé incarne la jeunesse ivoirienne. Celle qui se reconnaît en une seule personne : Laurent Gbagbo. Et non Ouattara. Sans doute les hommes au pouvoir pour le moment, oubliant qu’ils ont eux-mêmes appelé dans ce pays à l’insurrection et au sou- lèvement armé, attendaient-ils le discours le Blé Goudé pour le brandir à la face du monde comme un «appel à la subver- sion» ? Mais quelles que soient les raisons pour lesquelles Ouat- tara attendait le discours du porte-voix de la jeunesse ivoi- rienne, l’on retiendra que le pouvoir veut la tête de Blé Goudé parce que ses vérités gê- nent. Car il est conscient qu’«un jour il fera jour».

K. Kouassi Maurice in Le Temps

Sat, 14 Apr 2012 03:24:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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