« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

12e congrès ordinaire du Pdci: Au coeur des manœuvres autour de Bédié

D’un côté, ceux qui peaufinent, sans relâche, une stratégie dont l’objet est de pousser Bédié vers la retraite politique et de l’autre, les affidés de l’ex-président qui, contre vents et marées, s’emploient à tout verrouiller à ce congrès de sorte à maintenir le successeur d’Houphouët-Boigny à la tête du Pdci. Ils sont un certain nombre de cadres du Pdci, confie-t-on, qui, depuis des années travaillent dans l’ombre.
Nos sources, généralement bien informées, révèlent, d’ailleurs, que ces derniers soupçonnent le président Bédié de vouloir rester à la tête du parti sans pour autant prétendre à la magistrature suprême, dans l’intention de faire échec à toute forme de candidature issue du Pdci et laisser le champ libre à son allié Alassane Ouattara pour le sprint final à la tête du pays. Tout comme pour la présidentielle de 2010, le Pdci servirait, dans ce cas, de marche-pied pour le président Ouattara en 2015.

Pour ces cadres, la restructuration du parti s’impose et la désignation d’un nouveau président à même de défendre ses couleurs aux prochaines échéances électorales,, est une nécessite. Qui est donc l’homme que l’on préparerait ainsi en catimini pour contrer Bédié au 12e congrès ordinaire ? Difficile d’avancer des noms pour le moment. Mais il reste que de l’avis de bien d’observateurs,  tout serait en train d’être mis en place pour que le président du parti soit coiffé au poteau à ce rendez-vous déterminant de cette formation politique. Les partisans de Bédié qui savent qu’à ce genre de congrès, tout peut arriver, même les situations les plus inimaginables, ont eux aussi leur petite idée pour ne guère se laisser surprendre.
Ainsi dans les rangs de ces derniers, on s’active dans la perspective de faire de Bédié le seul candidat à ce congrès et lui assurer un passage non pas forcé mais en douceur à la tête du Pdci. Gagner cette bataille exige, au préalable, le contrôle de la machine chargée de l’organisation du congrès.
De ce point de vue, ils ont donc pris une longueur d’avance. Puisque, dans la structuration du comité d’organisation figurent des personnalités restées loyales à Bédié et qui ne jurent que par son maintien à la tête du parti. La partie cachée de l’iceberg des manœuvres autour du président Bédié est  bien  cette bataille silencieuse, sournoise que se livrent, en interne, partenaires et adversaires du  »sphinx de Daoukro ».
 
La guerre des opinions

Quant à la partie visible, elle se traduit par la bataille de l’opinion entretenue de façon permanente à coup de déclarations incendiaires ou dithyrambiques, selon qu’on est à la gauche ou la droite du patron actuel du parti. « Mieux, j’avais dit pour couper court aux tergiversations des déstabilisateurs du Pdci-Rda, que le président Bédié est notre chef. C’est lui seul qui est capable de fédérer toutes nos énergies et de consolider nos acquis. Évidemment, il y a des esprits malins qui pensent que c’est en nous débarrassant de notre chef qu’ils pourront avoir droit de cité. Ceux-ci doivent revoir leur position, parce que si nous déposons Bédié, ce sera la porte ouverte à la dislocation du parti. Sur ce plan-là, et je le dis avec fermeté : Adjoumani est intraitable. Bédié, c’est notre boussole (…) En l’état actuel des choses, pour moi, c’est Bédié qui peut sauver le Pdci-Rda. C’est Henri Konan Bédié toujours qui peut nous maintenir unis dans la grande famille du Pdci-Rda », a déclaré le 23 mai 2013, au quotidien  »Le Patriote », le ministre Kouassi Adjoumani Kobenan, un des animateurs du clan qui s’attelle à boulonner le président Bédié dans le fauteuil présidentiel du Pdci.
Appartient également à ce clan, le vice-président du Pdci, Boa Thiémélé Amoakon Edjampan. L’homme milite pour le maintien du chef de parti et n’hésite pas à faire comprendre à qui veut l’entendre que « au Pdci, aujourd’hui, je le dis, tous ceux qui s’agitent doivent le savoir : le vrai rassembleur, le seul qui peut permettre au Pdci d’avancer, c’est Henri Konan Bédié. Et nous devons travailler avec Henri Konan Bédié ». Propos extrait de l’interview qu’il a accordée à  » Le Nouveau Réveil » du 10 juin 2013. 
Naturellement, ces avis sont rejetés par l’autre camp,  dont les  » agitateurs » prônent un Pdci rajeuni, renouvelé, géré autrement et capable de relever les défis qui l’attendent. Au nombre de ces animateurs de la  » gauche » du Pdci, se trouve Joël C. Tchétché, porte du Pdci en France. Sans concession, ce dernier sur les ondes de Rfi, le 14 juin 2013, a fait savoir que Bédié ne peut plus prétendre être à la tête du Pdci.  » Les Bédiéistes de 2000 » qui partagent, sans doute, ce point de vue ont tenu à faire observer dans une déclaration qu’ils ont produite, le 11 juin 2013, ceci :
« Nous devons dès maintenant être convaincus que le président Bédié sait qu’avec ou sans lui à la tête du Pdci-Rda, le parti vivra. Arrêtons donc de faire croire (…) que sans le président Bédié comme président, la marche glorieuse de notre parti prendra fin », ont écrit les  »Bédiéistes de 2000, conduits par Kouadio Konan Bertin dit KKB et le ministre Gnamien Yao, eux qui ont toujours plaidé pour une reconversion des mentalités au Pdci, répondant ainsi aux caciques que sont Adjoumani et Edjampan. Conscient de la bataille qui se déroule autour de lui, le président Bédié préfère donner l’impression d’être un homme qui n’a peur d’aucune candidature au prochain grand rassemblement. Sûr d’ailleurs de lui, l’homme qui dit se porter  » comme un charme » a déclaré, le jeudi 2 mai 2013,  que « le Pdci est un parti démocratique » et qu’il appartiendra au congrès de décider de ce qui est bon ou non pour le parti.

A. BOUABRE in 

Soir Info

Wed, 19 Jun 2013 16:03:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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