« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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15ème Sommet extraordinaire de l’Union Africaine – Le oui, mais des chefs d’Etat à la CPI

Le cataclysme annoncé ne s’est pas produit. Le retrait en bloc des pays africains de la Cour pénale internationale (CPI) n’a pas eu lieu. Pourtant, le congrès extraordinaire, le 15ème de l’UA, tenu samedi dernier à Addis-Abeba, annonçait le divorce entre les pays africains et la CPI. D’où le thème de la conférence : «La relation de l’Afrique avec la Cour pénale internationale (CPI)». Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement y ont pris part. Parmi eux, le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara. Une solution médiane a finalement été trouvée. Pas de retrait, mais des propositions en trois points, essentiellement. Les chefs d’Etat africains demandent à la CPI de ne plus poursuivre l’un des leurs en exercice. Ils demandent au Kenya d’adresser un courrier à la CPI pour ajourner les poursuites contre le Président et le vice-président, Uhuru Kenyatta et William Ruto, et ce, conformément à l’article 16 du statut de Rome, pendant la durée de leur mandat. Enfin, les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont demandé à la CPI de prendre en compte leurs préoccupations en faisant des aménagements au niveau du Statut de Rome. Intervenant à l’ouverture du sommet, Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’UA, a indiqué que la rencontre était d’une importance capitale. Selon elle, la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement avait été saisie depuis longtemps du dossier. «Si l’Union africaine est passée d’une politique de non-ingérence à une politique de non-indifférence et que 34 Etats africains sont parties prenantes au statut de Rome, c’est bien la preuve que le continent africain est pour la lutte contre l’impunité», a-t-elle expliqué. Sur le cas précis du Kenya, elle a invité le conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies et la Cour pénale internationale à œuvrer aux côtés des autorités kenyanes et de l’UA à la consolidation du processus de paix dans ce pays. Parce que, selon elles, depuis la crise de 2007, des progrès ont été réalisés dans ce pays en matière de paix et de réconciliation nationale. Elle indique aussi que ce pays a joué un rôle important sur le continent au plan de la promotion de la paix et de la sécurité. Elle a terminé en exhortant les Africains à mettre en œuvre des mécanismes pour renforcer leurs Institutions judiciaires, notamment la Cour Africaine de Justice et des Droits de l’Homme, afin que la CPI devienne le dernier recours. L’autre intervenant à la cérémonie d’ouverture, Hailemariam Desalegn, Premier ministre de la République Démocratique Fédérale d’Ethiopie et Président en exercice de l’Union africaine, n’a pas dit autre chose. « L’Afrique ne soutiendra jamais l’impunité de ses dirigeants qui massacrent leur peuple», a-t-il rassuré. Non sans estimer que : « la résolution des conflits nécessite un équilibre entre la justice et la réconciliation nationale». Aussi, a-t-il exhorté la communauté internationale à donner une chance aux processus de réconciliation nationale engagés au Soudan et au Kenya car, dans ces deux pays, beaucoup de progrès ont été accomplis dans les domaines de la paix, de la sécurité et du rapprochement des communautés ». Et le président en exercice de l’UA de terminer : « l’objectif des pays africains n’est pas d’organiser une croisade contre la Cour Pénale Internationale, mais de prendre des mesures afin que la CPI prenne en compte les préoccupations de l’Afrique. »
A l’issue de la cérémonie d’ouverture, les Chefs d’Etat et de Gouvernement se sont retrouvés pour une session à huis-clos. Excepté les trois points évoqués plus haut, la conférence a souhaité que tout Etat membre puisse éventuellement demander l’avis de l’Union africaine, avant de transférer un individu à la CPI. Elle a décidé, en outre, que les Etats de l’Union africaine devront accélérer la mise en œuvre de la Cour Africaine de Justice et des Droits de l’Homme et activer la compétence de cette Cour, afin qu’elle puisse juger les individus qui se sont rendus coupables de crimes graves. Un autre sommet est prévu au mois de novembre pour évaluer la mise en œuvre des décisions prises.

Thiery Latt
(Avec service de communication de la Présidence)
In Le Patriote

Mon, 14 Oct 2013 09:35:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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