A l’origine du clash, le doute et la peur qui se sont emparés des acteurs de la coalition patriotique depuis l’arrestation spectaculaire des figures emblématiques des pro-Gbagbo que sont Blé Goudé et le commandant Abéhi. Ce fut comme un tsunami qui a mis en charpie l’apparente cohésion entre ces compagnons d’infortune.Au point que l’un de ces fidèles partisans de l’ancien président confie que les uns sont devenus très méfiants à l’égard des autres. « En ce moment, la suspicion est de mise. Chacun voit en son voisin un traître, un ennemi d’une quelconque lutte », confesse-t-il. Un climat pourri qui se traduit par l’opposition de deux blocs : d’un côté, les ultra, c’est-à-dire les tenants de la ligne dure et de l’autre, ceux qui se veulent plus ouverts à un rapprochement avec le régime Ouattara.
Dans le premier groupe, on retrouve des visages bien connus comme Justin Koné Katinan, porte-parole de l’ancien chef de l’Etat, Ahoua Don Mello, ancien porte-parole du gouvernement formé par Gbagbo au lendemain de la présidentielle controversée de 2010, Damana Adia Pickass et Touré Moussa alias Zéguen, ex-chef milicien. Ces têtes fortes de l’aile dure sont décidées à combattre sans concession Alassane Ouattara et son régime. « Ils préparent une série d’attaques ciblées sur certaines personnalités et des lieux qui, d’après eux, sont stratégiques pour l’affaiblissement du pouvoir en place », lâche, sous le sceau de l’anonymat, l’un de ses exilés d’Accra rencontré par le confrère.
Selon cet exilé, Damana Pickass reste un farouche partisan de l’usage de la force comme moyen de se faire entendre des tenants du pouvoir à Abidjan. « Lorsqu’il est avec ses compagnons, Pickass prêche la violence et la guerre », soutient en effet l’informateur de Jeune Afrique.
A côté de ces durs de la galaxie patriotique, il y a ceux qui sont ouverts au dialogue avec le gouvernement d’Abidjan et même entrevoient de retourner au pays. Ceux-là sont perçus dans le milieu comme des judas, qui ont trahi la lutte. Ces pro-Gbagbo désireux de saisir la main tendue des nouvelles autorités, sont perçus comme des « collabos » du régime Ouattara, au point d’être pratiquement traqués par les ultras. « Ils se réunissent « discrètement, presque dans la clandestinité », rapporte le confrère, citant un membre de ce bloc de modérés.
Assane NIADA in L’Inter
Wed, 20 Mar 2013 05:24:00 +0100
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