Le chef de l’Etat effectue du 1er au 4 mai prochain une visite d’Etat dans la région du Tonkpi. La seconde du genre dans la même zone, seulement un an après. Les populations autochtones sont curieuses de l’accueillir à cause de ses promesses antérieures non tenues.
Quel type de message Alassane Dramane Ouattara va-t-il délivrer au peuple Yacouba pendant sa seconde visite d’Etat dans la région du Tonkpi, tout juste un an après la première? En tout cas, c’est la question qui est sur toutes les lèvres actuellement à l’annonce de cette visite qualifiée de subite par ceux-là mêmes qui sont tenus de l’accueillir. Les Dan et les Wê. Mais disons-le tout de suite. Les populations s’interrogent surtout sur les motivations de cette visite étant donné que les promesses que l’illustre visiteur du jour leur a faites tant, pendant sa campagne électorale de 2010 que celles faites en avril 2012, en tant que chef d’Etat, demeurent jusqu’à ce jour, lettre morte. Voilà toute la curiosité qui entoure ce déplacement. Même si les organisateurs de cette visite, à l’image de leur chef de file, Mabri Toikeusse Albert, ministre du Plan et du Développement, mettent en avant officiellement la tenue d’un conseil des ministres extraordinaire à Man, chef lieu de région. « Ce conseil des ministres est le premier du genre, en dehors des conseils organisés dans la capitale politique, Yamoussoukro», explique le ministre du Plan, fils de cette région, à la télévision nationale, à 20h le vendredi dernier. Faux, pourrait-on rétorquer, puisque San-Pedro a abrité un conseil des ministres sous le président Bédié à l’hôtel Sophia. Plus proche de nous, Laurent Gbagbo avait présidé un conseil des ministres à Korhogo pendant qu’il était aux affaires. Mais cela n’est pas le problème.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que le peuple dan attend toujours la mise à exécution des promesses faites par le chef de l’Etat le 21 avril 2012 à Man au stade Léon Robert. Promesses dont la quasi-totalité reste en souffrance. Comme c’est le cas de l’opération relative à l’électrification des villages de plus de 500 âmes, la construction d’une université et l’installation d’une société d’exploitation de fer et de nickel. La société d’exploitation promise par Ouattara à elle seule est d’un coût de 500 milliards de FCFA.
Le pays dan, comme le peuple Wê connaît l’invasion étrangère, entraînant l’occupation des terres des autochtones, créant du coup un conflit sans précédent au niveau du foncier rural. « Nous ferons en sorte que les litiges fonciers soient réglés devant la Justice. Aucun ivoirien ne sera lésé », avait promis le chef de l’Etat. Là encore, la réalité sur le terrain fait mentir Alassane Dramane Ouattara qui lors de sa campagne présidentielle dans ladite région (du 23 au 27 octobre 2009) a promis y injecter 1.000 milliards de Fcfa. « Pour le moment, les conflits ne sont pas traités devant la Justice. C’est devant le sous-préfet que les gens s’expliquent. Et cela n’apporte rien », expliquent avec amertume des habitants de Man.
M. Ouattara avait aussi insisté qu’il fera de Tonkpi un pôle de développement en y construisant toutes les infrastructures de développement. Mais où en est-on à mi-parcours de son mandat ? Même s’il clame à qui veut l’entendre qu’il veut être jugé à la fin de son mandat. Où est passé son plan de développement en faveur de l’ouest ? Puisque les simples réhabilitations d’édifices publics, promises, demeurent dans les tiroirs. On en veut pour preuve, le lycée moderne de Man qui est dans un état de décrépitude avancé. Que dire de la direction régionale de l’éducation nationale en ruine et transférée sur l’ancien site du CAFOP, lui-même délocalisé dans une école primaire à cause de son état piteux.
En attendant, le chef de l’Etat peut se contenter des broutilles, comme les 5 kilomètres de bitume réalisés sur les 15 kilomètres promis dans la ville de Man et la Station d’eau potable de Zoba dans la commune de Sangouiné. Une station qui pour autant, ne met pas fin définitivement aux problèmes des populations dont une frange continue de boire l’eau de rivière ou de puits car n’ayant aucun moyen pour s’abonner à la SODECI.
Félix Teha Dessrait dessrait@yahoo.fr
In Notre Voie