« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

75.000 personnes condamnées à mourir

Lundi, le dernier bilan faisait état d’au moins 1350 morts, dont 576 au Liberia. L’Ebola qui a démarré en Guinée, semble avoir trouvé une terre fertile au Liberia. Et les choses vont tellement vite que les mesures prises par le gouvernement libérien semblent aussi bien irréalistes qu’incomprises.

Mercredi, les autorités ont en effet décidé de la mise en quarantaine de deux quartiers de Monrovia, la capitale. Écrit ainsi, cela peut sembler abstrait. Mais un habitant, rapporté par des confrères, explique ce que la mise en quarantaine de leur quartier, dans la ville, veut dire. « Personne ne quitte West Point et personne n’y entre, mis à part quelques officiels du gouvernement, l’armée et quelques organisations internationales ». Sur le même quartier, notre confrère français de Le Monde écrit: « 75.000 personnes s’entassent dans un espace d’un demi-kilomètre grillagé, sous la surveillance de la police. Les images qui en parviennent, comme celles du Huffington Post, sont difficilement soutenables ».

Vous aurez bien lu. Ce n’est ni 7, ni 75, ni même 750, mais bien 75.000 personnes qui sont retenues ainsi dans une prison à ciel ouvert. Les prisons ont toujours existé. Le problème n’est donc pas le fait que ces personnes soient privées de mobilité. Le drame ici, c’est que toutes ces personnes se sentent condamnées à mourir, pensent de nombreux observateurs. Parce que l’Ebola, ou bien tu en guéris (ce qui est rare, car il n’y a pas encore de remède), ou bien tu en meurs. Très contagieux, il se propage rapidement. Dès qu’un proche l’a chopé, tu l’as aussi. Voici donc la démonstration que font nos observateurs qui ont ainsi des raisons de croire que toutes ces personnes bloquées derrières les barbelés de la mise en quarantaine vont finir par être contaminées et mourir l’un après l’autre. Dès lors qu’il y a des malades déclarés parmi ces personnes qui « s’entassent » et que les efforts des services de santé sont quasi-nuls.
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Tue, 26 Aug 2014 19:58:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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