La grogne est montée dimanche parmi les dix Etats de l’UE non membres de la zone euro, Grande-Bretagne en tête, qui se plaignent de la volonté croissante des Etats utilisant la monnaie commune de prendre des décisions sans les consulter. "La crise de la zone euro affecte toutes nos économies, y compris celle de la Grande-Bretagne", a martelé David Cameron. "Il est dans l’intérêt de la Grande-Bretagne que les pays de la zone euro règlent leurs problèmes. Mais cela devient dangereux -et j’en ai parlé franchement avec eux-, s’ils prennent des décisions vitales pour les autres pays du Marché unique, comme des décisions sur les services financiers qui concerne tout le Marché unique", a-t-il insisté.
En conséquence, les Britanniques ont exigé et obtenu qu’un autre sommet réunissant tous les pays de l’UE soit aussi convoqué mercredi à Bruxelles. David Cameron est sous pression de la part de ses partisans eurosceptiques au sein du parti conservateur, prêt à le défier lundi lors d’un vote sur un referendum sur une adhésion à l’UE.
"Sarkozy s’en est pris à moi"
Silvio Berlusconi a de son côté reconnu avoir été lui aussi pris à partie dimanche par Nicolas Sarkozy pour avoir manqué à sa promesse d’obtenir la démission du membre italien du directoire de la BCE. "Sarkozy s’en est pris à moi à cause du refus de Lorenzo Bini Smaghi de démissionner", a déclaré le chef du gouvernement italienau cours d’un point de presse à l’issue d’un sommet des dirigeants européens à Bruxelles. "Nous avons offert à M. Bini Smaghi des postes importants mais il n’a pas jugé bon de les accepter. Nous avons fait appel à son sens des responsabilités afin de ne pas transformer (son refus) en casus belli avec la France, mais il est resté insensible", a-t-il expliqué.
"A un certain moment, j’ai demandé à Sarkozy: +que dois-je faire, le tuer ?", a-t-il ajouté, reconnaissant ainsi n’avoir aucun moyen de pression sur son compatriote. La démission de M. Bini Smaghi était la condition du soutien de la France à la nomination d’un autre Italien, Mario Draghi, à la tête de la Banque centrale européenne, pour remplacer en novembre Jean-Claude Trichet. L’accord, tacite, prévoyait que la France récupèrerait ensuite le poste de M. Bini Smaghi pour être représentée au sein du directoire de l’institut monétaire de Francfort. Mais ce dernier refuse de partir car M. Berlusconi ne l’a pas nommé comme il l’escomptait à la tête de la Banque d’Italie. Le chef du gouvernement italien l’a appelé samedi soir à "démissionner d’un poste qu’il occupe par la volonté du gouvernement". Mais il n’a aucun pouvoir pour forcer cette décision.
Reuters
Mon, 24 Oct 2011 16:23:00 +0200
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