Affaire Bourgi : pour solde de tous comptes françafricains
Au Sénégal, c’est sur l’affaire Bourgi que revient Walfajri. Le journal brosse le portrait de l’avocat franco-libanais qui a raconté comment il transportait les valises de billets en provenance d’Afrique. Pour Walfajri, Robert Bourgi « ne “vend” son influence que dans cinq ou six pays africains. Là où son “maître” (Jacques Foccart) tenait quasiment en laisse tout le pré-carré francophone. » Mais aujourd’hui, les temps ont changé, la donne géopolitique avec. « Même si des hommes de l’acabit de Bourgi ont encore quelques beaux restes devant eux, leur disparition est plus ou moins programmée. Et en ce sens, il est l’un des derniers Mohicans de la Françafrique », conclue Walfajri.
Guinée Conakry Info s’intéresse aujourd’hui à la « contre-attaque du clan Wade (qui est) quelque peu justifiée, par ce passé fait d’imbroglios complices et quelque peu revanchards ». « Quelque chose de plutôt sérieux doit s’être produit entre (Bourgi et le clan Wade) pour que leurs relations soient à tel point antipathiques. En temps normal (…) le conseiller officieux l’aurait gardé pour lui seul. Il n’est donc pas exclu que, se rappelant les bons souvenir de ses missions secrètes à des fins, tout sauf catholiques, il ait voulu enfoncer davantage le président sénégalais et son fils », énonce Guinée Conakry Info.
Côte d’Ivoire : le coup du FPI
En Côte d’Ivoire, le Front populaire ivoirien, le parti de Laurent Gbagbo, suspend ses travaux à la Commission électorale indépendante. Et la presse africaine s’en préoccupe. Le journal indépendant L’Inter parle ce matin de « coup politique du FPI ». Coup mettant, selon L’Inter, Alassane Ouattara « dans l’embarras ». Car, analyse le journal, « le président ivoirien n’a aucun intérêt à favoriser la mise en place d’un parlement avec ses seuls partisans à bord ». En effet, poursuit le quotidien, la communauté internationale « qui l’a fortement soutenu dans son combat contre Laurent Gbagbo, attache du prix à la restauration de cette démocratie et de l’Etat de droit, dont l’un des baromètres reste justement l’Assemblée nationale. Cette communauté a suivi, avec intérêt, et la chicotte à la main, l’organisation des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Nul doute qu’elle sera également très regardante sur les conditions dans lesquelles le nouveau parlement ivoirien sera mis en place ». Toutefois, analyse également L’Inter, la décision du FPI est lourde de risque pour le parti de Laurent Gbagbo. « A défaut de disparaître de l’échiquier politique, le FPI pourrait perdre considérablement son influence. (…) Un autre risque – et non des moindres – encouru est l’assèchement des caisses du parti. (…) se faire hara-kiri s’il ne participe pas aux prochaines élections législatives », souligne également L’Inter.
Au Burkina Faso, L’Observateur voit dans la suspension du FPI des travaux de la Commission chargée des élections des prémices d’un boycott en règle des échéances à venir. « Si cela s’avérait, on s’acheminerait vers des élections sans enjeu qui nous conduiraient vers une Assemblée nationale monocolore qui ne sera qu’une chambre d’enregistrement de l’évangile selon "saint Houphouët". »
« La volte face du FPI amène à s’interroger quant à la suite du processus », énonce de son côté Le Pays. Il faut croiser les doigts et espérer que celui-ci se poursuivra sans répit. Le train du processus démocratique ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. L’heure n’est pas aux tergiversations.
Et puis Guinée Conakry Info insiste. Il faut « ancrer la Côte d’Ivoire dans les valeurs fondamentales de la démocratie. Après tout ce qu’il a vécu ces derniers temps, ce pays mérite bien une telle récompense », insiste le site guinéen.
Troy Davis : justice western
L’exécution de Troy Davis aux Etats-Unis a scandalisé Le Pays au Mali. « Dans les Etats de l’union, qui appliquent toujours la peine de mort (une trentaine d’Etats contre une dizaine qui l’ont abolie), le temps s’est arrêté à l’époque du Far West. Une époque où la loi de la jungle, la loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent) et la justice expéditive étaient de rigueur », déplore Le Pays. « Ce n’est pas remuer un couteau dans la plaie, réveiller de douloureux souvenirs encore moins faire preuve de racisme que d’affirmer que, très rarement, un Blanc est condamné à mort au pays de l’Oncle Sam pour meurtre d’un Noir », s’indigne le journal.
RFI
Fri, 23 Sep 2011 11:55:00 +0200
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