« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

À San Pedro des images pornographiques inondent la ville

À tous les coins de rues de la ville de San Pedro, dès qu’on approche des kiosques de vente de produits (médicaments) chinois, les premières images frappantes sont des scènes obscènes placardées sur des emballages.

La bonne affaire des vendeurs

« Nous vendons une boîte entre 2.000 FCFA et 2.500 FCFA. Et je vous assure que des personnes, de tous les sexes et de tous âges, achètent, même les adolescentes, entre 14 et 17 ans, viennent payer pour, disent-elles, être en forme », déclare un propriétaire du kiosque-boutique, Kouakou Yao Pacôme.
« Ça marche! », ajoute-t-il.
Devant ces kiosques-boutiques, en tenues scolaires ou civiles, des fillettes, des garçonnets, des jeunes filles ou jeunes gens défilent, juste pour se « rincer » les yeux, dit-on.
« Vous savez, les images ne disent rien à personne, car on pense juste que c’est pour la publicité », fait remarquer le vendeur de ces produits, tout en énumérant quelques-uns de ces produits qui ont une nature aphrodisiaque.
« Et puis, tenez-vous bien, il y a du ‘Vergera’ marron et du ‘Vergera’ bleu, uniquement pour les jeunes filles et elles viennent payer, selon elles, parce que ça leur permet d’être performantes et ça les met dans un état d’excitation aussi », affirme le jeune Kouakou Yao.
Selon ses dires, les images pornographiques sur les emballages ne choquent personne, même les adultes.
« Moi, je fais ma pub, je cherche mon argent. Si je n’expose pas ces médicaments, comment on va les voir ? », interroge un autre vendeur, Brice Vincent Kouakou.
Quelques acheteurs de médicaments et des visiteurs des kiosques-boutiques donnent des avis partagés.
« Oh ! Moi, quand je viens au kiosque-boutique, c’est pour payer des médicaments. Sinon, je vois les images en passant, mais ça ne me dit rien », fait savoir Kubéhi Marius, enseignant de son état.
Même son de cloche pour une jeune fille de 16 ans, Mlle P. K., avec un air un peu évasif et innocent. « Moi, je n’ai pas mon idée sur ces images », soutient-elle.
La brigade mondaine de la police impuissante
La Cellule de la brigade mondaine de la police à la préfecture de police de San Pedro est impuissante face à images indécentes exposées à ciel ouvert.
En effet, selon le chef de cette cellule, l’Adjudant-chef Ettien, les images en question sont choquantes, mais personne ne s’en plaint.
« C’est choquant, certes, mais en même temps, personne ne s’en plaint », laisse entendre le sous-officier de police. « Nous sommes une petite cellule ne pouvant pas agir sans recevoir au préalable les instructions de la hiérarchie. Mais, comme la population ne se plaint pas de ces images obscènes auprès de la hiérarchie qui, saisie de ce fait, peut, dès lors, nous donner l’ordre d’agir, ma cellule reste impuissante et désarmée », explique-t-il.
Et de poursuivre : « et puis, il n’y a pas qu’à San Pedro que ce phénomène existe, même à Abidjan, ces médicaments aux étiquettes pornographiques se voient un peu partout, notamment au niveau d’Adjamé. C’est dire que tout le monde voit, mais ne dit rien, car tout le monde est friand de ces médicaments viagra, pour la plupart ».
Au niveau des organes judiciaires, notamment au cabinet du juge des enfants du tribunal de Daloa, bien que ces images « attirent l’attention », aucune action n’est en vue dans la mesure où les vendeurs, dans leur opération de vente, ne font aucune action de nature à troubler l’ordre public.
« Moi-même, j’observe cela, mais aucun cas n’a encore été traduit au tribunal », fait savoir le Greffier Kokola Assamoi, joint au téléphone.
En attendant que quelque chose puisse se faire en vue de mettre fin à l’exposition de ces images pornographiques comme cela l’a été pour les journaux, distributeurs et revendeurs continuent d’inonder la ville de San Pedro, à l’instar des autres villes du pays, de ces images à caractère pornographique à la portée des enfants.

AIP

Thu, 18 Jul 2013 01:13:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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