« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

À un mois du procès de Gbagbo La vérité éclate sur la crise ivoirienne .Soro dans le faux devant des députés européens

Plus le temps passe, plus la vérité éclate sur la réalité de la crise ivoirienne. Ce qui n’est pas fait pour arranger le pouvoir. Soro envoyé en France pour rétablir l’équilibre, ne fait que servir du faux par manque d’arguments. A un mois du procès du Président laurent Gbagbo, ce n’est pas la grande sérénité au palais. Car les nouvelles qui arrivent chaque jour de la Haye ne sont pas bonnes pour le roi et sa cour. Après la déportation du Président Gbagbo dans cette prison onusienne, le schéma mis en place pour le maintenir loin de la Côte d’Ivoire prend un coup d’arrêt. En mécanique, on dirait que la machine a pris du sable. Surtout qu’à Paris, Sarkozy le grand parrain, metteur en scène de tout ce complot contre le Président Gbagbo, n’est plus aux affaires. En France, il est assailli par les ennuis judiciaires, au point même de vouloir fuir aujourd’hui son propre pays, pour chercher asile au Canada. Ça veut tout dire… En Occident, il y a l’action des patriotes qui depuis plus d’un an, ne font que battre le pavé pour faire éclater la vérité dans la crise ivoirienne. Et ces mouvements se sont surtout accentués avec la déportation du Président Gbagbo à la Haye. les actions de soutien au Président Gbagbo étaient au départ
limitées à la diaspora africaine qui connait l’homme politique depuis plusieurs années. Mais aujourd’hui, le phénomène Gbagbo dépasse le cadre africain. Il prend tous les jours, une ampleur mondiale. Ce qui emmène certains de ses proches à dire que «Gbagbo ne nous appartient plus». n’a-t-on pas vu des Américains demander sa libération lors de la commémoration de la date anniversaire de la mort de Martin luter King en Atlanta aux usa. En France, les socialistes qui ont été entrainés dans ce complot contre la Côte d’Ivoire par le même Sarkozy, ont fini par découvrir le faux qui a été servi dans cette crise. On les voit donc trainer les pas avant de recevoir Ouattara. Ce qui veut clairement dire qu’il est aux yeux de la gauche française, un président infréquentable. Ouattara a dû faire le pied de grue devant le palais de l’Elysée, passer des nuits blanches à passer des coups de fils qui restent toujours sans réponse, avant d’avoir un rendez- vous avec Hollande qui ne joue visiblement pas dans la même équipe que lui. En France, il y a aussi l’action de la diaspora qui trouve grâce aux yeux de la presse hexagonale qui leur était pourtant fermé il ya juste quelques mois. C’était la belle époque du roi Sarkozy,
régnant et gouvernant. Tout ce qui se fait maintenant dans les rues de Paris et même à la Haye par la diaspora africaine, est relayé par les médias et la presse française. Et comme le dit si bien Bernard Houdain, l’un des conseillers du Président Gbagbo, l’Afrique et le monde ne peuvent pas s’engager dans un combat qui est faux. le Président mobilise parce que c’est lui qui mène le juste combat. Mais bien plus que ça, dans la crise ivoirienne, c’est lui qui a raison. le reste n’est que pure manipulation. A la vérité, Ouattara est rattrapé par ses propres ombres en Côte d’Ivoire et dans le monde. Son entourage avait fait croire que le débat portant sur la question de savoir «qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire» était clos. Mais à son grand dam, ce débat refait de plus en plus surface au fur et à mesure que la date du procès du Président Gbagbo approche. Comme le dit le ministre Amani n’guessan, «il ne peut être clos», car c’est là le noeud du problème ivoirien. la Cpi qui est aujourd’hui face à l’Histoire, se trouvera, à un moment, obligée de se demander pourquoi l’Onu a refusé le recomptage des voix que le Président Gbagbo a proposé pour éviter un bain de sang à la Côte d’Ivoire. Il va falloir dire au monde qui d’entre Ouattara et Gbagbo a préconisé la «solution militaire». En tout cas, le pouvoir d’Abidjan vit de grands moments de troubles. Sur le terrain, la situation dramatique des droits de l’Homme n’est pas faite pour arranger les choses. A la grande joie du pouvoir, Frci et Dozos sèment, chaque jour, la terreur. S’attaquant à tous ceux qui ne chantent pas les louanges de Ouattara. une situation qui ne fait qu’irriter les diplomates en poste à Abidjan. Philip Carter 3, l’ambassadeur des usa en Côte d’Ivoire, s’en est plusieurs fois plaint à son poulain. Mais rien ne change. Et en privé, le diplomate américain ne cesse de ruminer sa colère et sa déception. Sans plus. C’est tout ce qu’il peut faire. Surtout que Ouattara le regarde désormais comme un «pro-Gbagbo», par la force des choses. Au niveau continental, après le départ de Sarkozy, Ouattara est cerné par des chefs d’Etat qui ne masquent plus leur admiration pour le Président Gbagbo. Ils sont libérés du joug Sarkozy qui menaçait tout le monde, avec des intimidations dignes de la belle époque de la mafia françafricaine. «Depuis que Sarkozy est parti, je dors bien», a lâché la semaine dernière, Alpha Condé, le Président guinéen. Des propos qui montrent à quel point Sarkozy agaçait tout le monde en Afrique. Le pouvoir ivoirien qui ne fait que multiplier les maladresses tous les jours se rend à l’évidence. Son image préfabriquée commence à s’effriter à l’échelle mondiale. Dans ce cas, que faire ? Ouattara a d’abord envoyé en mission en Europe, deux de ses collaborateurs; à savoir le jeune Touré Amadou et Joël nguessan. Objectif, polir son image esquintée dans l’opinion occidentale. Mais l’exercice est périlleux pour ses deux caïds du Rdr. Car le monde découvre, de plus en plus, le drame que vit le peuple ivoirien. les tueries à l’Ouest, les enlèvements et les tortures transformés en mode de gouvernement sont bien là pour le prouver. Et ce n’est pas Gbagbo qui en est l’auteur. Et la répression qui s’est accentuée sur les pro-Gbagbo à la veille de son procès du 13 aout prochain, n’entame pas l’ardeur des Ivoiriens déterminés à faire triompher la vérité et la justice dans cette crise. Comme on le voit, le navire Ouattara prend de l’eau de toute part. Ce qui a conduit Soro, le «commandant adjoint» à prendre le taureau par les cornes. Au point de transformer une visite privée en France en visite officielle. A ce sujet, des proches du palais confient que Ouattara qui était censé profiter de la sortie de son filleul donnerait, en privé, des signes d’agacement. Car le «petit» n’arrive plus à contrôler sa langue. Il y a quelques jours, il a mis la Cpi très mal à l’aise en affirmant que cette institution a lancé «des mandats d’arrêts contre Blé Goudé» et plusieurs autres proches du Président Gbagbo. le lendemain, cette cour de justice onusienne a dû réagir. Mais la vérité est que ce qui pourrait être un deal entre Ouattara et la Cpi a été mis sur la place publique. Soro a-t-il coupé l’herbe sous les pieds de Ouattara? C’est possible. Vu qu’un mandat d’arrêt contre Blé Goudé équivaudrait aussi à un autre mandat d’arrêt contre lui. Car après le cas Gbagbo qui met à nu la partialité de cette institution, la Cpi ne voudrait plus paraître comme un instrument à la solde du pouvoir ivoirien. Soro sait donc que son maître n’est pas content à Abidjan. C’est pourquoi devant les parlementaires européens, le «petit» s’est essayé, le mercredi 11 juillet 2012, à une option de «rattrapage », en s’adonnant à une séance oratoire pleine de faux. Mais le mal est déjà fait. Bref, lisez plutôt Soro. «Fallait-il, comme dans une tragédie antique, payer le lourd tribut de plus de 3000 morts innocentes et gratuites, alors qu’il eût suffit que la Conseil constitutionnel fasse preuve de courage et de transparence, pour proclamer des résultats conformes au verdict populaire, un simple coup de fil du perdant au vainqueur (…) et la Côte d’Ivoire eu été sauvée », ainsi tente-t-il d’apaiser la colère de son patron. Mais quelle est cette «tragédie antique» à laquelle il fait référence ? Peut-être que ce serait trop lui demander. Toutefois, la vérité est que le monde découvre ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire en novembre 2010. Soro et Ouattara étaient convaincus que Youssouf Bakayoko a donné le vrai verdict au Golf hôtel, ils auraient applaudi le recomptage des voix proposé par le Président Gbagbo. Ce qui aurait évité à la Côte d’Ivoire, cette «tragédie antique » avec son «lourd tribut de 3000 morts». 3000 morts entraînées par «l’option militaire» que la force française licorne, les Casques bleus de l’Onuci et les ex-rebelles dits forces pro Ouattara puis Frci ont déclenchée dès mars 2012.

Guehi Brence in Le Temps
gbrence02063193@yahoo.fr

Fri, 13 Jul 2012 22:25:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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