« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Abengourou/ Grave pénurie d’eau: la grosse colère de la population

L’eau est devenue une denrée rare à Abengourou. Cette situation a suscité le courroux des habitants de cette ville qui compte plus de mille âmes. «La Sodeci nous rend la vie pénible à Abengourou. Chaque jour, nous n’avons pas d’eau. Ma famille est obligée d’aller chercher de l’eau dans un puits situé à 4 kilomètres de la maison. C’est vraiment écœurant, surtout en cette période de menace de choléra», s’est indigné Koné Mamadou, opérateur économique habitant le quartier HKB. Puis un autre habitant de renchérir : «Je suis obligé de rester éveillé jusqu’à 03 heures du matin pour avoir seulement un seau d’eau.L’eau recueillie est de couleur noirâtre. Je ne peux même pas l’utiliser pour la restauration. J’en veux terriblement à la Sodeci», martèle avec tristesse dame Kouakou Adjoua, restauratrice au quartier Agnikro.Cette triste réalité est vécue par toute la population sans exception car, même les élèves et étudiants de la ville ne sont pas à l’abri de ce manque. «Chaque jour, mes sœurs et moi sommes obligées d’attendre jusqu’à 03 voire 04 heures du matin pour avoir de l’eau pour toute la maison. Nous veillons presque tous les jours, alors que nous devons aller à l’école tôt le matin. Cela a eu un impact considérable sur nos moyennes de fin de semestre. Cette situation est vraiment pénible pour nous, élèves et étudiants de cette région. Que la Sodeci d’Abengourou ait pitié de nous», implore Wohoto Blandine, étudiante à Esca. Interrogée, Léontine, directrice régionale de la Sodeci a tenu à faire ces précisions : «La population d’Abengourou sache que la Sodeci n’est nullement responsable du problème d’eau dans la région. L’eau manque à Abengourou tout simplement parce qu’il y a insuffisance de production. La capacité de production est relativement faible, car comme vous pouvez le constater, nos infrastructures de production d’eau en région ont été construites depuis 1978. ». Elle ajoutera: « Aujourd’hui avec l’augmentation de la population, ces infrastructures n’arrivent plus à couvrir tous les besoins. Ainsi, pour résoudre ce problème d’eau, nous avons opté pour une distribution par délestage pour permettre à chaque foyer et surtout à nos clients du haut réseau d’en bénéficier. Seule une augmentation de la capacité de production permettra d’avoir de l’eau en abondance dans la région». Voilà qui devrait amener la population à prendre son mal en patience.

Niamey Dorgelès
In Le Sursaut

Thu, 30 Apr 2015 06:58:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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