« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Abobo / Insécurité nocturne : Voici comment des jeunes défient le Ccdo

La roue de la terreur tourne à Abobo et à chaque sous quartier son tour. Du ‘’Marley’’ à ‘’Sos’’ en passant par le ‘’Kfc’’, le ‘’Gotham’’ ou le ‘’Wôo’’, une bande de jeunes agresseurs savamment organisée dépouille nuitamment les riverains desdits quartiers au vu et au su de tous. La mise en place récente du Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles (Ccdo) a permis d’améliorer relativement l’indice de sécurité dans l’ensemble du District d’Abidjan. Toutefois, la commune d’Abobo est encore en proie à des agressions de toutes sortes à travers un mode opératoire bien particulier. Ni ex-combattant, ni ex-milicien, ces jeunes qui pourraient paraître, de par leur grande taille, pour la plupart, comme des adultes, sont majoritairement des adolescents désœuvrés dont l’âge oscille généralement entre 15 et 21 ans. Armés de gourdins, de machettes et plusieurs autres armes blanches, ces malfaiteurs simulent des bagarres entre eux lorsqu’ils sont de passage dans un sous-quartier et se poursuivent à la machette. Les riverains ainsi apeurés prennent leurs jambes à leurs cous. Ceux qui n’ont pu atteindre l’enceinte de leur domicile se font dépouillés de tout ce qu’ils possèdent (portables, argent, bijoux, etc.). Un autre mode opératoire des agressions, nous relate Adama K., un agresseur repenti à qui nous avons arraché quelques techniques, consiste à s’en prendre violemment à un passant dans la rue comme si on le connaissait en lui imputant d’avoir dérober le téléphone portable d’un des leurs. « Lorsqu’on rencontre un passant et qu’on le gifle violemment, il est d’abord lui-même surpris. Ainsi, on commence à lui réclamer un bien qu’il n’a pas pris. Et lorsqu’il se débat et que les badauds accourent, on le dépouille de ce qu’il a en faisant croire qu’on le connaît. Et le temps que l’agressé retrouve ses esprits, on se ‘’casse’’ », a-t-il expliqué. A la question de savoir si ses ex-compagnons ne craignent pas d’être appréhendés lors de leur sale besogne par les éléments du Ccdo, notre informateur explique que c’est justement pour éviter toute rencontre avec le Ccdo qu’ils opèrent à l’intérieur des sous-quartiers. « Le Ccdo patrouillent généralement sur les grandes artères de la commune. Ils ne rentrent pas à l’intérieur des quartiers, surtout à Abobo. Donc les agresseurs en interne sont rarement inquiétés vu que les commissariats de quartiers ne sont jamais opérationnels pour les interventions rapides », a confié l’ex-agresseur, repenti…

L.Barro in L’Intelligent d’Abidjan

Thu, 18 Jul 2013 08:57:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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