Des sources militaires et policières concordantes sont formelles, avant la tournée, le mercredi 28 novembre dernier, des ministres Coulibaly Gnénéma (Justice) et Paul Koffi Koffi (Défense) dans les camps militaires indexés par les organisations internationales de défense des droits de l’Homme comme étant des sites de torture, tous les prisonniers politiques détenus et torturés en ces lieux ont été transférés à la Préfecture de Police d’Abidjan-Plateau. Le transfèrement s’est effectué, les vendredi 23 et samedi 24 novembre dernier. Jusqu’à hier, jeudi, ces prisonniers politiques étaient toujours détenus cachés au sous sol de la Préfecture de Police. La tournée des deux ministres ivoiriens s’inscrivait dans une campagne diplomatico-médiatique visant à blanchir l’image du régime Ouattara. C’est dans cette optique que la presse et les attachés de défense du Ghana, Sénégal, Mali, de la Cedeao et de l’Union européenne (UE) ont été invités aux côtés de MM. Paul Koffi Koffi et Coulibaly Gnénéma. Evidemment, ni la presse ni les attachés de défense des pays étrangers convoyés au camp génie d’Adjamé (base de la Police militaire dirigée par l’ex-chef rebelle Koné Zakaria), au camp commando d’Abobo, à la base de la brigade anti-émeute (BAE) de Yopougon tenue par les Frci, au centre d’encasernement de Yopougon et à l’établissement général des services (EGS) de Marcory-Zone 4, n’ont trouvé de prisonniers sur ces sites. Puisque tous les prisonniers politiques portant les stigmates de torture et de maltraitance avaient été cachés à la Préfecture de Police. Se disant, sans doute, qu’il a berné tout le monde, le régime Ouattara s’est alors lancé dans des diatribes, via les ministres de la Justice et de la Défense, contre les Ong internationales de défense des droits humains. Faisant croire que tous les rapports contre le pouvoir ivoirien sont faux. Comme si l’on pouvait cacher le soleil avec la main.
Didier Depry in Notre Voie
didierdepri@yahoo.fr