« L’interrogatoire a donné quelques indices. Ce que je peux vous dire au stade actuel de l’enquête, c’est que ce sont des gens qui proviennent de la galaxie des miliciens pro-Gbagbo et des militaires ex-Fds nostalgiques du régime Gbagbo ». Déclaration du ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, le 6 août dernier, quelques heures après l’attaque meurtrière contre le camp militaire d’Akouédo. Alors que l’enquête n’a pas encore démarré, on se demande les motivations d’une telle sortie de M. Hamed Bakayoko. Quand on sait le contexte politique actuel où plusieurs milliers d’éléments de la rébellion armée pro-Ouattara, n’ont jusqu’ici, pas encore été désarmés. Pire, les dozos se livrent chaque jour à des exactions sur les populations. Les déclarations d’Hamed Bakayoko sont des accusations gratuites contres les pro-Gbagbo, dans la mesure où elles ne reposent sur aucun élément de preuve. Jusqu’ici, l’enquête préliminaire n’a donné pas le moindre indice. Accusation gratuite donc contre les pro-Gbagbo et le Fpi, mais également et surtout, discriminations dans l’armée. Alassane Ouattara et son régime s’emploient au quotidien à expliquer que la Côte d’Ivoire a désormais une nouvelle armée. Les Forces armées des forces nouvelles (FAFN) et les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) ont fait fusion pour donner naissance aux FRCI. Mais voilà que le ministre de l’intérieur prétend qu’il y a encore des clans dans la nouvelle armée. Selon Hamed Bakayoko, ceux qui sont à l’origine de l’attaque, c’est « des militaires ex-Fds ». Ceux qui ont combattu les ex-rebelles. Il est clair que si l’armée était unifiée comme le prétend le régime Ouattara, le ministre de l’intérieur n’aurait sans doute jamais fait allusion aux ex-Fds, même si certains éléments étaient incriminés. Car, une telle attitude jette l’anathème sur l’ensemble des ex-Fds, en même temps qu’elle créé une ambiance de suspicion.
César Ebrokié in Notre Voie
ebrokie2@yahoo.fr