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Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Accusé de parti pris: Luis Moreno Ocampo s’explique Comment l’audience du 18 juin va se dérouler

Le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno Ocampo s’est défendu, le samedi 2 juin 2012, d’être un homme partial et de diriger ses enquêtes sur la crise post-électorale en Côte d’Ivoire contre un seul camp, celui de l’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo.
« Je suis impartial », a clamé le magistrat, en conférence de presse dans un hôtel réputé du Plateau. Ocampo a déclaré que les enquêtes n’étaient pas bouclées et que des décisions pourraient être prises. « Depuis le début, on enquête sur tous les crimes et partout. Mais en termes de focus, de ciblage sur la responsabilité et de séquençage, c’est ce procès (sur Laurent Gbagbo) que nous avons ouvert. Cependant, on enquête sur tout, partout et sur les plus hauts responsables (…) L’enquête continue. Les décisions vont être prises », a signifié Ocampo. Il a affirmé : « A l’étape actuelle de mon enquête, les crimes les plus graves durant la période post-électorale ont été commis par l’ancien président Laurent Gbagbo. D’autres crimes imputés aux forces adversaires à Laurent Gbagbo font également l’objet d’enquête et feront l’objet de suivi ». Le procureur de la Cpi qui était venu dire « au revoir » aux autorités ivoiriennes- puisqu’il cède dans moins de deux semaines sa place à Fatou Bensouda- a estimé les charges contre l’ex-chef d’Etat « suffisantes ». « Nous avons trouvé des charges suffisantes, a dit Ocampo. L’ancien président Laurent Gbagbo a organisé des meurtres, des attaques généralisées pour demeurer au pouvoir. Ça, ce sont les charges retenues contre lui. Mais jusqu’avant le procès, il est considéré innocent ».

Le magistrat argentin s’est étendu sur la procédure qui attend l’ex-chef d’Etat soupçonné de crimes contre l’humanité : « Le 18 juin, c’est le début de l’audience de confirmation des charges. C’est le nouveau procureur Fatou Bensouda qui va prendre en charge le dossier. Elle va prêter serment le 15 juin. Et le 18, elle sera en salle d’audience, pour présenter les charges retenues par le bureau du procureur contre l’ancien président Laurent Gbagbo (…) Il sera à l’audience avec ses avocats et il a le droit comme le prévoient les statuts et la procédure de présenter les arguments de sa défense. Les trois juges vont écouter les parties, le procureur avec ses éléments à charge et Laurent Gbagbo, avec ses arguments de défense. (…) L’audience se déroulera sur quelques jours. Après cela, les juges prendront un certain temps pour délibérer ; ce qui peut aller à plusieurs mois ». Luis Moreno Ocampo a dû laisser comme une lueur d’espoir pour l’ex-chef d’Etat et ses partisans : « Si les juges rejettent les charges, il sera libéré. On a des cas où les juges ont refusé de confirmer les charges. En 2005, il y a eu des affaires où les juges ont rejeté les charges ». Le procureur de la Cpi a assuré qu’il s’agissait d’une procédure purement judiciaire dans laquelle n’interfère ni les Nations unies, ni un acteur politique, ni un quelconque gouvernement. Le conférencier a trouvé que la manifestation de la vérité dans les évènements post-électoraux aiderait à la réconciliation. « J’étais ici il y a six mois. Je suis revenu dire au revoir et présenter de manière indépendante ce que j’ai pu faire. J’ai eu l’occasion de voir comment en six mois, il y a eu des avancées », a rapporté le procureur.

Brillant au jeu d’esquive, Luis Moreno Ocampo s’est bien gardé d’avancer le nom de personnalités ivoiriennes susceptibles d’être visées par un mandat de la Cour. Il a juste affirmé que « présentement », son bureau était concentré sur la procédure qui s’ouvrira ce 18 juin. A une question qui lui a été posée sur Guillaume Soro, le procureur a répondu que le fait de l’avoir félicité après son élection en tant que chef du parlement relevait d’un acte de courtoisie. « Il ne faut jamais confondre la courtoisie et le mandat judiciaire que j’ai », a fait valoir le procureur de la Cpi. A-t-il rencontré Guillaume Soro durant son séjour d’ « au revoir » ? « Je ne l’ai pas rencontré », a formulé Ocampo.

Kisselminan COULIBALY in Soir info

Mon, 04 Jun 2012 07:37:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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