Autre conséquence, et qui entraîne une baisse de la fluidité du trafic : la mauvaise visibilité et la neige, lors de l’arrivée des avions, imposent un atterrissage automatique aux instruments, freinage sur la piste y compris. Cette procédure complexe nécessite notamment deux pilotes automatiques qui s’autocontrôlent et des équipages entraînés. En approche, alignés sur l’axe de la piste à trente kilomètres de l’aéroport, les avions sont habituellement séparés par deux minutes d’écart. En atterrissage tout temps, la marge passe à quatre minutes, ce qui divise par deux la capacité de l’aéroport. Annuler 40 % des vols, comme l’a demandé la Direction générale de l’aviation civile aux compagnies aériennes, permet donc de limiter l’encombrement. Reste que ces "arrivées tardives de l’appareil" se répercutent sur les vols qui repartent de l’aéroport.
Dégivrage obligatoire
Les vols au départ sont aussi pénalisés par les chutes de neige, car il n’est pas question de laisser un avion décoller avec seulement un centimètre de neige sur les ailes. Le poids supplémentaire, la dégradation du profil aérodynamique des ailes, le risque de blocage des commandes provoquent régulièrement des accidents. Le dégivrage est indispensable, une opération qui peut prendre dix minutes à une demi-heure selon l’épaisseur de neige et la taille de l’avion.
Il faut souvent prendre une file d’attente aux 18 aires spécialisées de dégivrage de CDG près des entrées de piste ou faire appel à un camion équipé d’une nacelle télescopique. Un mélange de glycol et d’eau à 80 °C est projeté par des lances sur les empennages. Là aussi, la réduction du trafic permet de mieux faire face à la situation. Un cycle infernal doit être évité quand les avions qui viennent d’être dégivrés attendent trop longtemps leurs autorisations de décollage devant la piste saturée. Pendant ce temps, leurs ailes se chargent de neige et il faut retourner à la case dégivrage…
Vitesse réduite pour les TGV
Enfin, réduire le nombre de vols prend aussi en compte les annulations de voyage décidées par les passagers face à la difficulté rencontrée pour accéder aux aéroports comme c’est le cas dimanche. Les équipages sont soumis aux mêmes contraintes et parfois défaillants, car tous ne sont pas logés dans les hôtels de la zone aéroportuaire.
À Air France, les annulations de vol concernent essentiellement les courts et moyen-courriers. En effet, leurs destinations sont assurées plusieurs fois par jour et un vol toutes les deux heures plutôt que chaque heure sur Paris-Nice, Paris-Londres ou Paris-Toulouse suffit. La compagnie easyJet a choisi, elle, d’annuler tous ses vols dimanche matin pour mieux maintenir ceux de l’après-midi. Les allégements de programme ont moins de conséquence vers les villes également desservies par le TGV, Eurostar ou Thalys qui continuent à circuler à vitesse réduite. En effet, les rames peuvent être endommagées par la projection de blocs de glace à 300 km/h, un phénomène qui n’avait pas été prévu lors de la conception !
Sun, 20 Jan 2013 22:32:00 +0100
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