La procédure pénale ainsi engagée, contre le » souverain » du Mont-Péko, ne met cependant pas le régime Ouattara à l’abri d’un sommeil agité. Le dossier » Amadé Ouérémi » reste pesant, une source de contrainte pour diverses raisons. Bien que Amadé Ouérémi soit d’origine et de nationalité burkinabé, il ne sera pas question d’extradition de cet homme, puisque les autorités du » pays des hommes intègres » n’ont guère l’intention de s’intéresser à ce dossier. « Il a commis ses crimes chez notre voisin ivoirien. C’est à la Justice de ce pays de le juger ».
Ces propos que l’on prête à un conseiller du président burkinabé, expliquent simplement le refus du régime Compaoré de se mêler d’une affaire qui, à son sens, ne le regarde pas. Il appartient alors à la Côte d’Ivoire de juger ce cas, sans donner le sentiment aux populations burkinabé que l’on en veut à l’un des leurs. Tout comme le pouvoir ivoirien devra agir dans le dossier Amadé sans remuer le couteau dans la plaie de la rumeur qui avait enflé, il y a quelques années, et fait état de ce que les Burkinabé étaient très mal traités en Côte d’Ivoire.
Autre raison, de nombreux écrits et des rapports d’organisations internationales, accusent ouvertement l’ex-chef milicien d’avoir participé aux meurtres et autres massacres dans la région de l’ouest de la Côte d’Ivoire, aux côtés des chefs de guerre pro-Ouattara. L’hebdomadaire » Jeune Afrique » qui revient sur la question des massacres à l’ouest et l’implication de Amadé Ouérémi rapporte, dans son édition du 26 mai 2013, que : « Lorsque la crise postélectorale éclate, en décembre 2010, Ouérémi est appélé à la rescousse par le commandant Fofana et le lieutenant Coulibaly, alors en poste à Kouibly (…) les hommes de Ouérémi, de Loss, de Coulibaly et de Dramane Traoré (actuel chef de bataillon de sécurisation de la région du Guémon) attaquent la ville de Duékoué. Bilan : plus de 800 morts, selon les Ong ». Face à ces graves accusations, on comprend difficilement, dans certains milieux, la » réticence » du régime Ouattara à engager des poursuites contre »l’ex-patron » du Mont-Peko, pour meurtre ou massacre à l’ouest. »Pourquoi avoir retenu seulement contre lui, les chefs d’accusation d’occupation illégale de forêt classée et de destruction de biens, là où tous les rapports indexent l’ex-chef de milice ? », interroge-t-on.
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Mon, 03 Jun 2013 11:33:00 +0200
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