Selon lui, « Internet change considérablement la donne. Il garde trace de tout et crée une concurrence entre toutes les propositions, qui peuvent être diffusées par n’importe qui à un coût quasi nul. Avant, il fallait être publié. Cela permet aux théories conspirationnistes d’être beaucoup plus résistantes. Elles obéissent au darwinisme et mutent pour s’adapter aux informations. La dernière thèse prétend que DSK louait sa suite pour recevoir des prostituées et qu’on lui aurait envoyé à la place une femme de ménage : c’est le complot parfait, car les deux protagonistes sont sincères ».
Les affaires de complot, en général, posent le problème de faire entendre la voie de la raison en démocratie. « C’est un peu désespérant, poursuit M. Bronner. Sur les OGM, par exemple, la presse publie à longueur de page des choses fausses ou contraires à l’orthodoxie scientifique. Il existe plusieurs raisons : la science a fauté, comme dans l’affaire du sang contaminé, l’amiante, le Mediator. Ensuite, Internet permet de trouver en quelques clics l’information inquiétante. Si, sur mille analyses sur les ondes magnétiques ou les OGM, une seule expérimentation met en avant leur dangerosité, les médias vont la pointer, faisant croire qu’il y a polémique scientifique alors qu’il n’y en a pas ».
Arnaud Leparmentier elysee.blog.lemonde.fr
Thu, 19 May 2011 14:25:00 +0200
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