Sarkozy, Ouattara et les multinationales françaises
Le Françafricain Robert Bourgi risque d’être pris à son propre piège puisque «ce déballage» arrive à point nommé pour ouvrir les yeux sur le financement de l’élection présidentielle française de 2012. Les adversaires de Sarkozy focaliseront leur regard sur la Côte d’Ivoire où Sarkozy a installé Alassane Dramane Ouattara, en avril dernier, au terme d’un coup d’Etat contre le Président Gbagbo. A l’issue d’une crise postélectorale liée à une présidentielle ivoirienne émaillée de fraudes et d’exactions sur les électeurs. Paris a couvert ce déni de démocratie et a manipulé la Cedeao, l’Ua etc., pour mettre son pion au pouvoir en Côte d’Ivoire. Cet activisme de l’Elysée n’était pas pour «défendre la démocratie» comme le prétend Sarkozy. Qui a curieusement refusé le recomptage des voix, un acte démocratique, exigé par Laurent Gbagbo. Alors qu’en Haïti, le recomptage des voix a été appliqué pour désigner le vrai vainqueur de la présidentielle, pour la Côte d’Ivoire, la France, les Etats-Unis, l’Onu…n’ont pas voulu en entendre parler.
En vérité, l’enjeu n’était pas la défense de la démocratie mais le contrôle des ressources de la Côte d’Ivoire via un chef de l’Etat, «ami et Françafricain». En effet, depuis 1991, alors qu’il était Premier ministre d’un Houphouët croulant, Alassane Dramane Ouattara a fait prévaloir les intérêts français sur ceux de la Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs lui qui a donné le téléphone fixe et l’électricité à la multinationale Bouygues à 1Fcfa symbolique. Très proche de Nicolas Sarkozy, Bouygues a été actif aux côtés de Ouattara durant la campagne présidentielle et bien avant. Des sources concordantes soutiennent même que cette multinationale française serait foncièrement anti-Gbagbo et aurait eu des proximités avec la rébellion armée pro-Ouattara de septembre 2002. C’est sans surprise que le consortium Bouygues revient en grande pompe en Côte d’Ivoire et que l’on retrouve Marcel Zadi Kessy, proche parmi les proches de Martin Bouygues, nommé à la tête d’une Institution ivoirienne par Alassane Dramane Ouattara. Selon des sources, l’Elysée voulait que Zadi Kessy occupe la charge de Premier ministre avant de se raviser.
Concernant le pouvoir Ouattara, Sarkozy le dirige depuis l’Elysée. Selon La Lettre du continent n°618 du 8 septembre 2011, Sarkozy pourrait affecter Yannick Prost, chargé de mission au sein de la cellule Union pour la Méditerranée (Upm), comme conseiller de Ouattara chargé des réformes de l’Administration et de la Justice ivoiriennes. Au nombre des pratiques «françafricaines» figurent celles consistant en la transaction financière entre multinationales françaises exerçant en Afrique et hommes politiques français. L’exemple Elf est édifiant à cet effet. Pour tout le mal qu’il s’est donné pour eux, Ouattara, par le biais de Bouygues, ne témoignera-t-il pas sa reconnaissance à Sarkozy ? Des révélations sont à venir en France et peut-être en Afrique, sait-on jamais.
Didier Depry in Notre Voie
Wed, 14 Sep 2011 09:31:00 +0200
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