« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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AFFAIRE FIRMIN MAHE-SOLDATS FRANCAIS : QU’ATTENDIEZ-VOUS?

La Cour d’Assise de Paris a rendu son verdict : presqu’un acquittement pour tous les soldats français qui ont tué, en 2005, l’Ivoirien Firmin Mahé, en l’étouffant, à l’aide d’un sac en plastique, (que dis-je?) un sac poubelle, et dans leur véhicule de guerre blindé. 5 ans, 3 ans, 1 an, mais le tout avec sursis, et un acquittement vrai. Et dire que le Général Poncet a eu peur pour rien, lui qui, craignant une condamnation, a nié avoir donné l’ordre au Colonel Burgaud d’éliminer Firmin Mahé. Dommage pour lui, il sera le seul vrai condamné, mais seulement par sa conscience. Honneur à Burgaud et à ses subalternes qui ont libéré leur conscience en avouant leur forfait. D’ailleurs, qu’ont-ils fait, ces soldats français? Ils se sont juste amusés! Et avec quoi ont-ils joué? Ils ont joué avec un nègre. Et un nègre, c’est quoi? Ce n’est personne! Ce n’est même rien du tout. Les nègres n’étaient-ils pas de la chair à canon pendant la 1ère et la 2ème guerres mondiales. Tiens, il paraît que les Allemands tiraient sur les prisonniers nègres pour voir si un nègre peut mourir. Patissankanan! Et Thiaroye? Et souvenons-nous qu’au cours de la traite des nègres, les Africains étaient vendus comme des poulets.

Que fallait-il donc attendre de ce procès pour la forme, un procès pour acquit de conscience. Oui, j’affirme que la France a accepté que ce procès se déroule pour acquitter sa conscience, parce que le crime était tellement gros que le cacher pouvait paraître raciste. Non, Firmin Mahé n’a pas été tué aux combats, comme les autres Ivoiriens de novembre 2004 devant l’hôtel Ivoire, mais froidement, dans un véhicule blindé de l’armée française. Alors, il fallait faire semblant de considérer que les soldats envoyés en mission se sont mal comportés, surtout qu’un d’entre eux a parlé. Et voilà pourquoi ce procès ne m’a pas particulièrement passionné.
En effet, la France pouvait-elle condamner ses soldats? Je pense que non, parce que condamner ses soldats en mission pour la France reviendrait à condamner la France elle-même, la France de Chirac et sa mission en Côte d’Ivoire. Or, la mission de la France en Côte d’Ivoire, comme partout dans le monde non civilisé (la France n’enverra jamais ses soldats en mission aux USA, en Chine, en Russie, etc., même pas en Birmanie d’Aung San Suu Kyi), est une mission civilisatrice que quelques égarements ne sauraient blâmer.

Je me permets de rappeler, pour terminer, que selon les lois françaises, aucun soldat français en mission, même convaincu d’un crime (pris en flagrant délit, par exemple), ne peut être jugé par la justice du pays où, dans le cadre de sa mission, il a commis le crime. Il ne peut être jugé que par la justice française. Sachons-le, les soldats français peuvent casser les banques (Bceao à Bouaké, Man, Korhogo), obliger nos sœurs et filles à se donner à la prostitution animalière et les filmer, tuer. Jamais, ils ne seront jugés par une justice de nègres.

Par TAGNIN Alphonse
Enseignant d’Université

Mon, 10 Dec 2012 21:56:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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