Par ailleurs, le juge Aboagye Tandoh a signifié à Koné Katinan qu’il sera aussi entendu, ce même jour, pour conspiration et pour le meurtre de deux hommes. Une décision qui a suscité un sentiment de lassitude chez le ministre du Budget, dans le dernier gouvernement mis en place par Laurent Gbagbo. "Je suis déboussolé maintenant," a déclaré M. Katinan devant la cour, avant d’ajouter : "Je ne comprends pas ce qui se passe, que fait-on de ma liberté?" Une sortie qui a amené Aboagye Tandoh à réagir. « Nous devons nous conformer à la procédure. Vous devez vous comporter comme un homme », a tranché le magistrat.
Jointe hier au téléphone, Me Lucie Bourthoumieux, l’avocate franco-camerounaise de Koné Katinan a évoqué la décision du tribunal de Osu Court, la présentant comme un pied de nez fait au régime d’Abidjan. « C’est le juge qui a demandé que les deux affaires soient jugées ensemble. Le parquet, qui agit au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, ainsi que les avocats de Koné Katinan ont fait savoir qu’ils n’étaient pas opposés à la décision », a souligné Me Bourthoumieux, avant de faire un commentaire. « Le caractère politique des allégations à l’encontre du porte-parole du président Laurent Gbagbo n’échappe à personne, pas même au juge. Cette décision nous est favorable car le régime d’Abidjan voulait contourner la justice en composant avec Interpol », a-t-elle conclu.
Selon Idriss Ouattara, également en exil à Accra, qui a suivi l’audience, c’est à 9h24 min que Justin Koné Katinan est arrivé à Osu Court, décontracté et escorté par des agents d’Interpol. Six minutes plus tard, lorsque le juge fait son entrée dans la salle, il liquide rapidement sept affaires courantes. A 10h45min, commence l’audition de Justin Koné Katinan. Le procureur informe, alors, le juge de l’existence d’une autre affaire pendante devant une autre juridiction, avec de nouvelles charges( meurtre de deux personnes). Lui répondant, le juge Aboagye Tandoh a indiqué que « même s’il y a 1000 charges contre Koné Katinan, la question centrale demeure l’extradition étant donné que le Ghana ne peut pas connaître du fond des charges. On ne peut donc pas juger la question de l’extradition séparément dans deux juridictions différentes ». Pour une bonne administration de la justice, selon le magistrat, les deux affaires sont combinées pour une audience prévue le mardi 16 octobre 2012 à Osu Court.
Justin Koné Katinan, rappelons-le, a été arrêté une première fois le 24 août au Ghana, où il avait fui comme des milliers d’autres partisans de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, lors de la chute du régime. Accusé de crimes économiques dans son pays, il avait été libéré sous caution puis arrêté de nouveau et inculpé le 1er octobre de conspiration et du meurtre de deux hommes à Abidjan, en mars 2011.
D’ici le 16 octobre, le prévenu reste en détention.
Serge YAVO in Soir Info
Fri, 12 Oct 2012 03:09:00 +0200
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