«Bien que son avocat (Celui de Koné Katinan : Ndlr) ait développé de brillants arguments contre les accusations (retenues contre lui), je ne suis pas censé préjuger de l’audience consacrée à l’extradition. Je refuse donc la demande de libération » avait déclaré, au terme de l’audience, le juge Kofi Essel Mensah, en charge de l’affaire. La Haute Cour de justice après avoir apprécié, selon les termes du juge, la plaidoirie de l’avocat de Koné Katinan a estimé que sa cour n’était pas compétente pour juger de la question d’extradition. Elle ne s’est prononcée donc que sur la question de la légalité. C’est le tribunal du District de »OSSOU court" qui est territorialement compétente parce que le Bni (Bureau national d’investigations), équivalent de la Dst en Côte d’Ivoire, qui retient Koné Katinan est sur ce district.
Aussi, tout le dossier a-t-il été transféré devant cette Cour qui se prononcera aujourd’hui en séance solennelle. Me Patrick Sogbodjor, l’avocat ghanéen de l’ancien ministre du Budget de Laurent Gbagbo qui juge cette détention »illégale » avait déposé une procédure d’habeas corpus auprès de la Division des droits de l’Homme de la Haute Cour du Ghana demandant aux autorités de fournir des explications sur la détention de son client visé depuis un an par un mandat d’arrêt international émis par Abidjan pour « crimes économiques ». Accusations que l’ancien membre du gouvernement Aké N’gbo a toujours rejeté. «Il est bon de savoir que du 4 décembre 2010 au 7 mai 2011, le seul gouvernement qui avait la légitimité et la légalité d’engager les dépenses de l’État parce que constitutionnellement investi à cette fin, reste bien le gouvernement Aké N’Gbo. Or nous savons que pendant ce temps, la Bceao depuis Dakar, a effectué des paiements au profit d’une association privée qui s’était réunie au Golf et qui n’avait aucune légitimité de recevoir des fonds de l’État. En droit c’est ce que l’on appelle le vol. Et toutes les personnes au sein de la Banque Centrale qui se sont rendues coupables de cette forfaiture répondront de leurs actes un jour, même à leur retraite» s’est-il toujours défendu, avant d’ajouter qu’il est plutôt poursuivi pour ses engagements politiques.
Arrêté le 24 août 2012, à Accra, il est en exil depuis la fin de la crise postélectorale. La demande d’extradition dont il fait l’objet depuis sa détention doit être être «examinée » par le ministre de la Justice. Ce dernier devra ensuite « fournir son avis» au président ghanéen qui s’en est remis à la justice de son pays dans cet épineux dossier.
Claude DASSE in KISSELMINAN COULIBALY
Thu, 06 Sep 2012 08:14:00 +0200
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