« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Affaire Mahé : Un verdict teinté de racisme…

Ceux qui ont cru à la comédie française de rendre justice dans l’affaire Firmin Mahé, ce jeune ivoirien présenté par les forces françaises comme un coupeur de route et qui a été étouffé pour que mort s’ensuive, le 13 mai 2005, devraient déchanter à la tombée du verdict. Pas de prison ferme pour des assassins d’un nègre. La Grande France ne va quand même pas se faire hara-kiri en envoyant à la potence ses soldats à qui elle a demandé de faire le «nettoyage» en Côte d’Ivoire ? Nul n’a le droit de se faire justice. Cette belle litanie n’est bonne que pour meubler des pages d’ouvrages de droit. Et puis, qu’a-t-on fait des assassins de la soixantaine de jeunes morts devant l’hôtel Ivoire dans le feu des événements de novembre 2004? Evénements au cours desquels la soldatesque chiraquienne ne s’est pas seulement contentée de réduire en épaves la flotte de l’armée de l’air ivoirienne. Elle a écrabouillé la résistance des jeunes. Des jeunes aux mains nues qui été froidement abattus par les tireurs embusqués dans la Tour d’Ivoire ? Rien. Eux ont le droit de tuer les Noirs. Eux ont les armes de pointe. La convention de Vienne qui stipule que mettre fin à la vie d’un prisonnier de guerre est considéré comme un crime de guerre n’est juste applicable que pour le Tiers monde. Les Grands de ce monde n’affaibliront jamais leurs armées quoi qu’elles auront fait. Séry Dago, ce policier ivoirien, qui a mis fin à la vie de notre confrère Jean Hellen en a pris pour 17 ans de taule. Il fallait rendre justice. Et justice a été rendue. La vie humaine est sacrée. Quiconque en ôte à son prochain devrait répondre de ses actes. A lumière du verdict dans l’affaire Mahé, on fait le triste constat que l’égalité devant la loi à nous enseignée par nos amis Gaulois, souffre d’une faiblesse. La primauté de la race blanche sur la race noire. Sinon, la France de Jaurès n’offrirait pas ce spectacle avilissant. Et indigne d’une héritière des droits humains.

Tché Bi Tché in LG INFOS

Sat, 08 Dec 2012 02:34:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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