« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Affrontements Baoulé-Burkinabé à ANGOVIA ayant causé 20 morts et plusieurs blessés – Diarrassouba Soumaïla : « Il faut arrêter les propos du genre, tel est un Burkinabé »

Nous avons rencontré Diarrassouba Soumaïla, présenté à Angovia comme le meneur des attaques des Burkinabè contre les autochtones baoulé. « C’est un chef dozo qui se fait passer pour un acheteur d’or », disent les autochtones à propos de Diarrassouba Soumaïla. A nous, il s’est présenté comme le président des jeunes allogènes et allochtones d’Angovia. C’est un orpailleur, vêtu d’un pantalon treillis et une chemise rougie par la terre, qui nous a conduits à lui. Diarrasouba, descendu de son véhicule 4×4, ne fait aucune difficulté à nous recevoir. Il tient à nous dire sa part de vérité. Entre sa version des faits et celle des chefs baoulé rencontrés avant lui, c’est l’opposition diamétrale. Selon lui, ce sont les autochtones qui ont ouvert les hostilités en tirant sur des étrangers. « Tout a commencé un mardi, à une barrière érigée par les gens d’Angovia pour exiger une taxe de 200 fcfa à tous ceux qui vont à la mine. Un jeune qui n’avait pas les moyens est arrivé. Malgré ses explications, un autre jeune répondant au nom de Béa l’a frappé et le lendemain, mercredi, il est mort. Nous avons alors saisi le chef d’Alahou pour qu’il en parle au chef d’Angovia. Mais de 8h30mn jusqu’à 20h, nous n’avons pas vu un seul homme d’Angovia venir apporter sa compassion. C’est ainsi que les jeunes se sont fâchés et ils sont allés s’attaquer à la maison du président des jeunes. Moi-même, je suis intervenu en demandant à mes petits frères d’évacuer la famille d’Achille (le président des jeunes d’Angovia, ndlr) pour la mettre à l’abri. Ma propre moto a été brûlée durant ces évènements. Le sous-préfet, informé de la situation, est venu pour calmer les esprits afin de prévenir la cohésion sociale. Après son départ, les gens d’Angovia ont sorti leur fétiche que tout le monde ne doit pas voir. Pendant qu’ils dansaient, on entendait des coups de feu. J’ai à nouveau informé le chef d’Alahou, notre tuteur. Quelques instants après, on vient me dire que les danseurs de fétiche ont tiré sur des étrangers. Certains ont même été égorgés. J’ai dû acheter 70.000 fcfa de médicaments pour que les praticiens puissent extraire les balles à l’hôpital. La danse a duré au moins 3h de temps et nous avons enregistré assez de disparus. Ils veulent mentir sur nous», a-t-il affirmé. Toutefois, il a tenu à préciser : « Nous sommes pour la paix à 100%. La palabre n’est pas bonne. Il faut que les gens arrêtent de traiter tel de burkinabé et untel d’étranger. Le président Alassane Ouattara à beaucoup souffert de ça ». Sous un tonnerre d’applaudissements d’orpailleurs qui l’entouraient pendant notre entretien.

O. A-M

Massacres ethnique et tribal : Angovia comme Duékoué

La situation qui prévaut actuellement à Angovia est similaire à celle vécue à Duékoué. Où des ressortissants burkinabés puissamment armées s’attaquent aux autochtones Wê pour s’accaparer leurs terres et leurs plantations de cacao. Selon le chef de terre d’Angovia, Nanan Diby Kouassi, sa localité paie cash pour son hospitalité. « Ceux que nous avons accueillis à bras ouvert veulent nous chasser pour prendre nos terres. Aujourd’hui, on ne maîtrise plus les étrangers. Ils sont plus nombreux que les populations locales. Ces orpailleurs qui arrivent par centaines chez nous vivent généralement dans la brousse et dans des cabanes au marché. Ils n’ont pas de maisons pour qu’ils puissent être identifiés. Cela constitue une menace pour nous, parce qu’ils sont tous armés. Ce sont eux qui nous ont attaqués et qui ont détruit notre village », a-t-il accusé. Selon des témoignages, les assaillants sont partis d’Alahou où ils résident pour attaquer Angovia. A Angovia, aucune maison n’a été épargnée. Mais à Alahou, rien n’a été touché. A notre arrivée dans ce village, la vie suivait paisiblement son cours et les commerces étaient ouverts.

O A-M

In Notre Voie

Tue, 23 Jul 2013 23:48:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.