Salaires
La situation est d’autant plus gênante que le salaire souvent proposé par les Chinois n’est pas à la hauteur de la peine. S’il n’est pas simplement discriminatoire. « Nous, ici, nous gagnons 250.000 francs Cfa. Mais on nous a dit que certains de nos collègues chinois gagnent parfois jusqu’à 700.000 francs », poursuit Alex. Un diplomate chinois de l’ambassade de Chine à N’Djaména s’en explique. « Effectivement, beaucoup de Tchadiens se plaignent des différences de salaires. Mais, il faut savoir que les salaires dépendent aussi de l’expérience des employés. Certains Chinois arrivent ici avec plus de 20 ans d’expérience. Ils ne peuvent donc pas gagner les mêmes salaires que les locaux. Ces Chinois-là ont beaucoup d’expérience. Par exemple, récemment à la raffinerie, un chauffeur tchadien a fait couper un câble à cause d’une erreur de conduite. Ça va coûter beaucoup d’argent pour réparer tout cela. Donc, il faut considérer qu’en plus du salaire, les Tchadiens gagnent en expérience », explique-t-il.
Intimidations
Plus grave, pour les employés, il est souvent difficile de revendiquer ses droits. « Quand tu veux faire une revendication, il y a le chef du personnel qui te demande de prendre ton sac et de partir si tu n’es pas content », raconte Alex. Et, avoue-t-il aussi, ce n’est pas facile de formuler des revendications structurées. « Beaucoup d’employés tchadiens qui travaillent ici sont des analphabètes. Donc, quand on commence à leur parler de leurs droits, ils n’y comprennent pas grand-chose ». Ont-ils vraiment le choix ? A N’Djaména, le coût de la vie est très élevé et les emplois stables sont rares. Alors on se contente de travailler comme on peut. Même si dialoguer avec ses collègues chinois n’est pas aussi aisé. « Certains arrivent ici et ne parlent ni français, ni anglais, ni arabe. Donc, quand on veut causer, on mélange toutes les langues et on fait des gestes ». Une véritable gymnastique !
rnw.nl
Fri, 14 Jun 2013 10:26:00 +0200
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