Pour la première fois depuis le début de la campagne électorale, il y a eu mort d’hommes à Monrovia. L’autre finaliste de la présidentielle prévue ce mardi a signé fortrait. Wilson Tubman avait dans un premier temps réclamé la tête du président de la commission électorale. Celui-ci a capitulé. Préférant ne pas être la goutte d’eau qui fasse déborder le vase. Rien n’y a fait.
A la place d’un président de la CENI, c’est une présidente qui est arrivée. Et le candidat de l’opposition soupçonne désormais les deux dames de faire cause commune. Du coup, Tubman appelle non seulement au boycot du scrutin mais aussi il veut empêcher sa tenue. Cette radicalisation fait craindre le pire dans ce pays encore très fragile. Un pays qui a encore du mal à cicatriser ses plaies de la guerre civile. D’ailleurs l’un plus tristement célèbres de cette guerre est le principal soutien de la présidente candidate.
Visiblement, le Liberia a plus que jamais besoin de la mobilisation de la communauté internationale. Et en particulier de ses voisins. La Guinée elle a payé un lourd tribut du conflit qui a éclaté dans ce pays à la fin des années 80. Il faut donc parer au plus pressé. Les voisins doivent engager une véritable course contre la montre pour éviter que la case Liberia ne reprenne feu. Car les flammes seront désastreuses.
Avec ces derniers développements, on peut dire sans risque d’être démenti que la démocratie en Afrique fait un pas en avant et deux en arrière. Le Liberia était cité comme un exemple d’une démocratie naissante en Afrique. On est en train de jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais le Liberia n’est pas le seul.
Avant lui il y a un précédant dans la sous région ouest africaine. Alors que le Benin était la référence des références, sa dernière présidentielle a battu en brèche sa bonne réputation. Juste à côté, le monde entier avait applaudi l’alternance sénégalaise en mars 2000. Aujourd’hui les Sénégalais regrettent Abdou Diouf qu’ils ont chassé par les urnes.
Ailleurs sur le continent, la situation n’est pas reluisante au Congo Kinshasa. Dans ce pays aussi une présidentielle est prévue avant la fin de l’année. Elle déchaine les passions. Le principal opposant de Kabila a franchi le Rubicon ce lundi. Etienne Tshisekedi s’est auto proclamé président de la République congolaise depuis l’Afrique du Sud. Seul Dieu sait quelle sera la suite de ce duel sans merci entre le jeune Kabila décidé à s’accrocher au pouvoir et le doyen de la classe politique congolaise qui joue sa dernière carte.
Pour revenir dans la sous ouest africaine, juste à côté en Côte d’Ivoire le nouveau pouvoir met les bouchées doubles pour éviter que le front populaire ivoirien ne boycotte les législatives. En revanche le parti de Gbagbo fait monter les enchères.
Il faut reconnaitre que l’Afrique se porte mieux parce qu’on peut passer toute l’année sans bruit de botte dans un palais présidentiel. Par contre, la démocratie naissante est malade voire moribonde. Et le remède pourrait venir non pas du vieux continent ou le nouveau monde, mais de la société civile africaine de plus en plus engagée pour la démocratisation du continent.
Habib Yembering Diallo in Neoleadership
Fri, 11 Nov 2011 11:11:00 +0100
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