« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Agboville, perquisition des Frci Les villageois ramènent le préfet sur le chemin du droit

L’homme prudent voit le danger venir de loin, a dit un artiste ivoirien. Les autorités villageoises et coutumières d’Agboville ont fait sienne cette boutade. C’est pourquoi, les chefs traditionnels exigent du préfet le respect scrupuleux des lois en vigueur en matière de perquisition. En temps normal, c’est lui qui devait ramener les villageois sur le chemin du droit. Mais bon, dans la Côte d’Ivoire de Ouattara, toutes les absurdités se font reines. Car en effet, le préfet de la région d’Agnéby a pris une circulaire pour permettre aux Frci de procéder à des perquisitions dans chaque village d’Agboville. Pour éviter que les Frci dont la mauvaise réputation a dépassé les frontières ivoiriennes, commettent des exactions et abus, les chefs de villages exigent la présence d’huissiers de justice au cours de ces perquisitions. Parce qu’elles veulent être à l’abri des vols, des viols, des fausses accusations et autres désagréments que pourraient leur causer les Frci. Jusqu’à présent, le préfet n’a pas daigné donner de suite favorable à la demande des chefs de villages. Il faut rappeler que les autorités villageoises et coutumières d’Agboville et leurs populations sont dans le viseur du régime, depuis belle lurette.
Elles sont accusées à tort par le pouvoir Ouattara de protéger et de nourrir des prétendus miliciens et mercenaires dans les villages et forêts. Les Frci ont plusieurs fois fait des descentes musclées et sanglantes dans des villages d’Agboville. Des jeunes et des chefs de villages ont même été arrêtés par les hommes de Ouattara. Le préfet de la région d’Agnéby est monté au créneau pour menacer de façon véhémente les chefs traditionnels de la région. Il a accusé directement certains d’être les tuteurs de miliciens et mercenaires. Comme si cela ne suffisait, son patron Hamed bakayoko s’y rend ce vendredi pour accentuer un peu plus la menace contre les têtes couronnées d’Agboville. Depuis lors, les populations sont constamment harcelées et persécutées par les Frci. Dont, un important détachement puissamment armé a été déployé dans la ville. C’est dans ce climat délétère et explosif que le préfet prend une circulaire pour soumettre les populations à des perquisitions des Frci dans les jours à venir. Tous les villages d’Agboville sont concernés par cette circulaire.

F. Tété in Le Temps

Fri, 07 Sep 2012 04:32:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

5 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.