L’homme prudent voit le danger venir de loin, a dit un artiste ivoirien. Les autorités villageoises et coutumières d’Agboville ont fait sienne cette boutade. C’est pourquoi, les chefs traditionnels exigent du préfet le respect scrupuleux des lois en vigueur en matière de perquisition. En temps normal, c’est lui qui devait ramener les villageois sur le chemin du droit. Mais bon, dans la Côte d’Ivoire de Ouattara, toutes les absurdités se font reines. Car en effet, le préfet de la région d’Agnéby a pris une circulaire pour permettre aux Frci de procéder à des perquisitions dans chaque village d’Agboville. Pour éviter que les Frci dont la mauvaise réputation a dépassé les frontières ivoiriennes, commettent des exactions et abus, les chefs de villages exigent la présence d’huissiers de justice au cours de ces perquisitions. Parce qu’elles veulent être à l’abri des vols, des viols, des fausses accusations et autres désagréments que pourraient leur causer les Frci. Jusqu’à présent, le préfet n’a pas daigné donner de suite favorable à la demande des chefs de villages. Il faut rappeler que les autorités villageoises et coutumières d’Agboville et leurs populations sont dans le viseur du régime, depuis belle lurette.
Elles sont accusées à tort par le pouvoir Ouattara de protéger et de nourrir des prétendus miliciens et mercenaires dans les villages et forêts. Les Frci ont plusieurs fois fait des descentes musclées et sanglantes dans des villages d’Agboville. Des jeunes et des chefs de villages ont même été arrêtés par les hommes de Ouattara. Le préfet de la région d’Agnéby est monté au créneau pour menacer de façon véhémente les chefs traditionnels de la région. Il a accusé directement certains d’être les tuteurs de miliciens et mercenaires. Comme si cela ne suffisait, son patron Hamed bakayoko s’y rend ce vendredi pour accentuer un peu plus la menace contre les têtes couronnées d’Agboville. Depuis lors, les populations sont constamment harcelées et persécutées par les Frci. Dont, un important détachement puissamment armé a été déployé dans la ville. C’est dans ce climat délétère et explosif que le préfet prend une circulaire pour soumettre les populations à des perquisitions des Frci dans les jours à venir. Tous les villages d’Agboville sont concernés par cette circulaire.
F. Tété in Le Temps