« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP

Agboville / Pour son ex-femme, il s`explose le crâne avec son fusil

Horrible a été le spectacle que Missiadjé Orsot Albert a servi à ses concitoyens, à Moutcho ( Agboville). Dans la nuit du mercredi 8 février 2012, il s’est suicidé. De fait, nous disent nos sources, il y a de cela 17 ans que Missiadjé, parti à l’aventure, n’a pas remis les pieds sur la terre de ses ancêtres. Abandonnant parents, amis et, surtout, sa concubine et leurs trois enfants. Et ce long silence qui s’apparente à la mort, a même poussé les plus sceptiques à organiser ses funérailles. Mais voilà que suite au décès de la fille de celui qu’il considère comme son père, Missiadjé débarque contre toute attente au village. Un accueil des plus émouvants lui est réservé. Cependant, depuis son retour, il n’a d’yeux que pour Rosalie, sa concubine qu’il a abandonnée. Malgré la vie conjugale qu’il a scellée lors de son exil et de laquelle sont nés quatre autres enfants, il multiplie les démarches en vue de raviver l’amour perdu. Rosalie, elle, reste prudente. Vu qu’elle a profité de la longue absence de son Albert, pour se faire une nouvelle vie amoureuse. Mais, la patience, Albert n’en a cure. Le mercredi 8 février 2012, lorsqu’il se rend au domicile de son ex-femme, Missiadjé ne passe pas par quatre chemins pour soutenir qu’il va se suicider, si la mère de ses trois gosses continuait de résister à sa volonté de reconquête. Ce qui, au dire de Rosalie, lui donne la chair de poule. Elle part solliciter de bonnes volontés pour ramener Albert à la raison. Trop tard. Aux environs de 22h, une détonation assourdissante se fait entendre. Elle vient altérer la délirante clameur des villageois qui savouraient, à sa juste mesure, la victoire des Éléphants qui venaient à l’instant de se qualifier pour la finale de la Can 2012. De nombreux villageois se déportent au domicile de Missiadjé. Ce dernier, affalé dans une chaise, l’orteil encore sur la détente du fusil de calibre 12, vient de se faire exploser la tête. La cervelle éparpillée tout autour de lui. Le lendemain, jeudi 9 février 2012, il a été inhumé.

Célestin KOUAME in Soir Info
( A Agboville)

Tue, 21 Feb 2012 00:48:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

3 jours ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

3 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.