« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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ALASSANE OUATTARA, L’HOMME QUI VALAIT DES MILLIARDS

Que n’avons-nous pas entendu dans cette Côte d’Ivoire? Ouattara par ci, Ouattara par là. La solution par ci, la solution par là. Les militants automatisés du Rdr, ne pouvaient passer une seule seconde sans reprendre en chœur leur fameuse formule « Ado pissanci » « warifatchè », le tout puissant, le père de l’argent. Certains mêmes avouaient que Ouattara était propriétaire d’avions, de bateaux. Ouattara lui-même, pour confirmer les enfantillages de ses militants, fit campagne en avion lequel changeait de design selon les besoins du moment. On a pu ainsi voir cet avion passer de « Ado Solutions » à « Rhdp Solutions ». Lors de ces campagnes, Ouattara disait sans se lasser « Je suis banquier et mon rôle consiste à chercher de l’argent. C’est ce que je sais faire le mieux.» Il avait aussi des amis milliardaires, attendait-on de la bouche de certains « adophiles » ou « adorateurs ». Carlos Slim et Bill Gates se pliaient en quatre devant lui. Les pétro dollars saoudiens n’inquiétaient pas le seul et éminent docteur en économie capable d’enseigner le Pr Gilbert Aké N’Gbo. Ses amis, selon lui étaient prêts à l’aider à faire de la Côte d’Ivoire, un pays émergent, la seule ex colonie française (en Afrique de l’ouest) qui deviendra, sous Ouattara, un pays émergent. Quel pari !
En un mot, Ouattara pesait des milliards, Il pesait lourd comme Sagone.
Ouattara est maintenant au pouvoir, les milliards sont donc là, l’argent est là disent-ils. Les premiers milliards déversés sur la Côte d’Ivoire par Ouattara ont été attaqués par des pirates dans nos eaux territoriales. Les ivoiriens n’ont senti aucune odeur de ces fameux milliards. Mais ce pouvoir continue son malade imaginaire. Il ne cesse de dire aux ivoiriens que « l’argent est là », parce que le gruman présidentiel, comme Magellan, fait le tour des planètes, courant d’ami en ami pour récolter quelques sous. L’argent est donc là, avec le propriétaire de l’argent, l’homme qui valait des milliards de FCFA. L’oreille des ivoiriens n’est pas idiote, elle qui n’a cessé d’être fatiguée par cette litanie. Le ventre communique donc au cœur ses besoins et voilà l’ivoirien tendant la main au « warifatchè ». Le personnel de la santé porta sa blouse et alla s’adresser à l’homme qui valait des milliards. « Monsieur, nous voulons notre part sinon, c’est la grève. » A la surprise générale, le porte parole du gouvernement demanda aux candidats à la grève d’être « raisonnable » parce que la situation ne permet de « répondre favorablement à toutes les demandes qui sont faites ». En clair, il n’y a pas d’argent messieurs. Mais où sont passés les milliards, l’homme qui valait des milliards ne vaut plus ses milliards? Le syndicat des enseignants, précisément celui des instituteurs, donne mandat à son secrétaire de réclamer aussi leur 14 millions. Rien. Le warifatchè, l’homme qui valait des milliards, la Solution, n’a pour l’instant aucune solution. Quel est donc le problème? Le pouvoir nous parle du point d’achèvement de l’initiative Ppte, nous exhorte à être « raisonnables ». L’ivoirien pense tout simplement que c’est de la foutaise.
Ouattara ne peut pas dire aux ivoiriens d’attendre le point d’achèvement Ppte, ce même Ppte pour lequel le camp Gbagbo était hué, présenté ironiquement d’être fier que la Côte d’Ivoire soit déclarée Ppte. A la vérité, si le pays en est à ce niveau de rabaissement, c’est bien parce que les pouvoirs précédents l’avaient endetté plus que de raison. En outre, Ouattara demande aux fonctionnaires d’être raisonnables. Mais le pouvoir lui-même est-il raisonnable quant il infantilise les gouvernés? Ouattara a-t-il été raisonnable en formant un gouvernement de 40 membres? A-t-il rendu public les salaires des ministres ainsi que le sien? Savait-il qu’il augmentait les charges de l’état en portant le nombre de sesministres à 40? Que dit-il du train de vie de l’état?
M. Ouattara, le ventre ne peut être raisonnable parce que les problèmes eux mêmes s’abattent sur les ivoiriens de façon irraisonnable. Ventre affamé n’a point d’oreille. Si la situation du pays ne permet pas à l’état d’honorer ses engagements, Ouattara peut appeler ses nombreux amis milliardaires à sa rescousse. Ceux-ci, n’ont rien à faire de leur argent, ils sont nés pour aider Ouattara. Au demeurant, à défaut de voir les amis, Ouattara lui-même (puisqu’il est Warifatchè) peut régler sur fonds propres les problèmes des ivoiriens. Il peut prêter de l’argent à l’eata de Côte d’Ivoire.
Visiblement, il ne peut faire face aux besoins des populations. Un an que les ivoiriens souffrent, un an que l’homme qui valait des milliards est au pouvoir. Le wari fatchè est-il donc devenu le Kon’go fatchè (père de la famine)? Bien malin qui répondra.
On se rend compte, en définitive, que Ouattara a berné ses militants qui n’osent même plus encenser leur guide en public. Nous sommes tous assis, sans distinction, dans le navire de la souffrance ivoirienne. Peuple ivoirien une fois encore yako.
Que Dieu nous sauve.

Alain BOUIKALO
Juriste-Consultant
bouikhalaud@deboutciv.com

Fri, 06 Apr 2012 17:45:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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