« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Interviews

ALIOUNE TINE TIRE SUR OUATTARA

Alioune Tine: Il y a une intensification des attaques et c’est extrêmement inquiétant pour la sécurité pour la paix et la réconciliation nationale qu’on sent de plus en plus fragiles, de plus en plus menacées en Côte d’Ivoire. Le moment est venu de se ressaisir et d’attaquer les questions prioritaires de front. La question de la réconciliation nationale est une grave question. Il y a la commission paix, vérité et réconciliation qui depuis qu’elle a été mise en place en Côte d’Ivoire franchement n’a pas encore fait le travail qu’on attend.

Nathalie Wakam: Vous disiez notamment que jusqu’à présent elle n’a pris que des actions symboliques. Que doit-on attendre de cette commission vérité et réconciliation ?

Alioune Tine: Ecoutez, la commission vérité et réconciliation doit travailler à réunir l’ensemble des acteurs dont les convergences avaient amené le conflit armé. L’ensemble des communautés à discuter effectivement pour voir aujourd’hui quelle est la république ivoirienne qu’on doit mettre en place. Je crois que vraiment on avait besoin d’un grand débat national en Cote d’Ivoire après le conflit et surtout par la manière dont on a résolu le conflit en Cote d’Ivoire. On avait besoin de cela beaucoup plus que d’autres choses.

Nathalie Wakam: Pensez-vous que la politique du gouvernement actuel a totalement échoué ?

Alioune Tine: Il est évident que si on a l’impression que c’est une justice des vainqueurs contre les vaincus et de ce point de vue effectivement cette impression est de plus en plus nette dans l’esprit de la plupart des organisations de droits de l’homme que nous sommes. Donc tout cela n’est pas bon pour la réconciliation nationale. Il semble même avant cela, la question de la consolidation de la paix et de la réconciliation passait avant, si vous voulez de traquer les présumés assassins etc. Je pense qu’aujourd’hui il faut qu’on rattrape les choses. Qu’on crée une république, qu’on mette en place des citoyens et que ça ne soit pas une communauté qui essaie d’exercer son hégémonie sur une autre. Et cette impression aussi est de plus en plus partagée en Côte d’Ivoire et ailleurs. Je pense qu’on a besoin de beaucoup plus d’équilibre, dialoguer parce qu’aussi attaquer par les armes, revenir par les armes n’est pas une solution.

Source: BBC

Tue, 04 Sep 2012 23:35:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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