« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Tribune

Appel de Bédié, depuis Daoukro: Ce qu’on ne vous dit pas

17 septembre 2014. Depuis Daoukro, Bédié appelle à soutenir Ouattara. Encore, pour 2015. Après son appel de 2010. «Bédié assis voit plus loin que Guikahué debout». Explique Pr Kakou Guikahué Maurice, Secrétaire Exécutif du PDCI-RDA. On croit qu’il fait du suivisme moutonnier. Malheureusement, on se trompe. Et que voit le Président Henri Konan Bédié du PDCI-RDA? Il voit Encore la guerre. En 2010, on a voté avec des armes sur la tempe. Les FAFN, les dozos, les miliciens de chaque camp et les FDS paradaient avec des kalachnikovs dans toutes les rues. On a réclamé le désarmement avant d’aller aux élections.
On ne l’a pas fait et on est allé aux élections. La suite, on la connaît. On continue de déplorer les morts. 3050 (officiel) et des portés disparus (nombre inconnu mais se compte en milliers). En 2010, Henri Konan Bédié avait pourtant appelé «tous les électeurs à se rassembler autour de la candidature de Ouattara afin de sauvegarder l’héritage du Père de la nation, Félix Houphouët-Boigny». La Paix. La seconde religion des Ivoiriens, selon Houphouët-Boigny. Pour 2015, il appelle encore à voter Ouattara. Malgré les résolutions du 12ème Congrès de son parti, le PDCI-RDA. «Pour la stabilité et pour la paix».
A dit Bédié pour justifier son soutien à Ouattara. Avant 2015, le désarmement ne sera pas effectif. Les dozos, la milice venue du nord, les FRCI, etc. ont encore des armes et paradent dans les villages, villes et campements de tout le pays. Des mandats d’arrêt internationaux sont lancés contre des ex-chefs de guerre et leur chef Soro Guillaume. A bien y réfléchir, on constate également que les mêmes acteurs du coup d’Etat contre Bédié, en 1999, sont ceux qui ont participé à la rébellion armée de 2002 contre le régime de Laurent Gbagbo et divisé la Côte d’Ivoire en deux parties.
Du coup, si Bédié ou Gbagbo était élu en 2010, la Côte d’Ivoire ne serait jamais réunifiée. En 2015, les mêmes acteurs seront encore là. Et comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, Bédié ne veut pas d’un 2010 bis. Il faut sortir définitivement de la crise progressivement par des compromis et des sacrifices. Par le dialogue et par le temps. Bédié est un Sage. C’est ça qui est la Vérité!

Clémentine Zélihou
Citoyenne indépendante
Contact : +22545727920

Tue, 28 Oct 2014 04:10:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

Recent Posts

UJIF : Axel Illary investi à Paris sous le signe de l’unité et du rayonnement international

L’Union des Journalistes Ivoiriens en France (UJIF) a officiellement investi son nouveau président, Axel Illary,…

15 heures ago

Niger : RSF saisit le groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU sur le sort de Moussa Kaka

Un mois après la disparition du directeur de la Radio Télévision Saraounia, Moussa Kaka, au…

2 semaines ago

Moussa Kaka, disparu au Niger : quatre décennies de journalisme et de combat pour la liberté de la presse

Moussa Kaka est une figure du journalisme au Sahel. Celui qui a disparu depuis le…

4 semaines ago

Côte d’Ivoire : libération immédiate de Justin Koné Katinan et de tous les détenus politiques

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et le placement sous…

1 mois ago

Criminalisation du journalisme au Mali : Abdrahamane Kéita, du Témoin, condamné à deux ans de prison ferme

Au Mali, le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdrahamane Kéita, a été condamné…

1 mois ago

Peau noire, Dieu blanc : quand Dieu porte les couleurs des oppresseurs

Le 3 octobre, Axel Illary publiera sur Amazon Peau noire, Dieu blanc. Essai sur l’aliénation…

1 mois ago

This website uses cookies.