Une plate-forme transitionnelle
Sur cette base, la présidente de l’URD s’est interrogée : « Alors comment sortir de ce dilemme ? ». « L’URD propose le report des élections sur une durée à étudier de façon consensuelle. L’URD propose la constitution d’une plate-forme transitionnelle avec une feuille de route précise qui aura à mener un certain nombre de réformes pour améliorer le système politique et électoral, notamment amender la Constitution et l’article 35 pour permettre à tout candidat qui le désire de se présenter. Cette plate-forme transitionnelle –j’évite le terme “transition’’, trop lié dans l’imagerie populaire à des coups d’Etat ou des situations insurrectionnelles – devrait avoir comme mission la révision de la Constitution et la reprise de tout le processus électoral », a répondu Danielle Boni Claverie.
Crédibilité des prochaines élections
La présidente de l’URD a également exprimé ses doutes sur la crédibilité des prochains scrutins électoraux qui démarrent par la présidentielle d’octobre. « La démission de M. Francis Wodié le 3 février 2015 et son remplacement par M. Mamadou Koné, un militant du RDR, proche du Président Alassane Ouattara n’est pas de nature, à notre avis, à garantir des élections transparentes et démocratiques dans notre pays. Il semblerait en effet que sa démission ait un rapport avec la révision de l’article 35. La proximité du candidat Président et du nouveau patron du Conseil constitutionnel ne couvre-t-elle pas la volonté de s’assurer de décisions en sa faveur. Je rappelle que la même proximité avait été violemment dénoncée par l’opposition d’alors, aujourd’hui au pouvoir », a exposé comme inquiétude Danielle Boni Claverie.
Autres appréhensions de la présidente de l’UDR : le fonctionnement de la CEI, la révision du code électoral et de la liste électorale. Sur le fonctionnement de la CEI, elle a indiqué que « contrairement à ce qui (leur) avait été promis, le mode de décision est toujours basé sur le vote majoritaire et non consensuel », alors que « dans (sa) composition actuelle, le pouvoir compte sur les 17 membres, 9 membres qui lui sont clairement acquis ». « Avec un tel déséquilibre, a-t-elle poursuivi, rien ne garantit une organisation saine des élections ». Elle a ensuite fait « le constat amer de la rédaction d’un code électoral sans aucune consultation ni participation de l’opposition ». Ce code, selon elle, n’a pas fait l’objet ni de publication ni de diffusion. Enfin, pour Danielle Boni Claverie, il est anormal que sur simple présentation d’un certificat de nationalité, on puisse se faire enrôler alors qu’avant, cela se faisait sur présentation de la CNI plus complète au niveau des informations.
Danielle Boni Claverie a estimé en outre que les élections ne peuvent pas être organisées « sans un désarmement effectif des supplétifs et des ex-combattants et sans l’encasernement des FRCI ». Elle a rappelé dans ce sens que selon les chiffres officiels, 18 000 combattants manquent à l’appel. « Et les armes par voie de conséquence n’ont pu leur être retirées », a conclu la présidente de l’URD.
La justice
Dans la foulée, la présidente de l’URD a réclamé l’élargissement de tous les détenus sans inculpation ni jugement, et la libération de tous les détenus politiques dont l’ex-Président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.
A.A in L’intelligent d’Abidjan
Fri, 19 Jun 2015 08:44:00 +0200
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