« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
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Après la visite de Miaka à Paris : Le Fpi se déchire

L’offensive diplomatique de Sylvain Miaka Ouretto à Paris pourrait avoir des revers. L’une des décisions majeures du président par intérim du Front populaire ivoirien (Fpi) est le limogeage de Brigitte Kuyo qui représentait depuis une dizaine d’années le Fpi dans l’Hexagone. Et cela fait des mécontents. « Enfin, conformément aux recommandations de la convention d’avril 2012, relativement à la dynamisation des structures de base, et pour rester dans la dynamique de l’offensive diplomatique, le président a procédé à la nomination de madame Hortense Adé Assalé en qualité de nouvelle représentante Fpi France (…) Cette décision marque le début d’un processus de redynamisation de toutes les structures à l’étranger », informe le communiqué qui fait par ailleurs le bilan du séjour français de M. Miaka. Même si cette décision s’applique à plus de 5000 km d’Abidjan, elle est lourde de conséquence pour le fonctionnement du Fpi. Dans la mesure où la section parisienne est stratégique dans la politique diplomatique du parti à la rose. On comprend donc les commentaires des ‘’frontistes’’ suite à la décision de leur direction. Sur les réseaux sociaux, ils sont nombreux ceux qui voient dans le limogeage de la directrice de campagne de l’ex-majorité présidentielle (Lmp) lors de la présidentielle de 2010, la volonté des dirigeants de mettre à l’écart une militante « gênante » pour l’application de la nouvelle orientation politique qu’ils veulent donner à la formation. « Brigitte Kuyo, presidente du Fpi France sacrifiée par la direction intérimaire sur l’autel d’une quelconque réconciliation en France », analyse un militant sur facebook. « Elle a du mérite Brigitte Kuyo. Elle a fait ce qu’elle pouvait faire. Elle a fait de son mieux. L’heure serait à saluer son mérite et non à lui lancer la pierre pour justifier son départ. Elle a porté et continue de porter le combat du Fpi dans son cœur. Elle a fait montre de son engagement et de sa détermination pour le succès du parti de Laurent Gbagbo », tente de calmer le jeu un site pro-Gbagbo. Et ça en vaut la chandelle !

Que lui reproche-t-on ?

Le débat entre les ‘’frontistes’’ sur l’éjection de Brigitte Kuyo met en face deux camps.
D’un côté ceux pour qui elle incarne le modèle-type du combat pour l’ancien président de la République aujourd’hui à La Haye. Ceux-ci qu’on pourrait présenter comme les radicaux accusent l’équipe Miaka de vouloir « vendre » leur combat. En effet, Brigitte Kuyo a été l’initiatrice de plusieurs manifestations de soutien à l’ex-président et anti-Alassane Ouattara. De l’autre côté, les pro-Miaka qui veulent donner une orientation moins radicale au Fpi. Ce qui ne s’inscrit pas dans la stratégie de leurs camarades de Paris dont les actions en solo devenaient incommodes.
Les relations entre les deux parties étaient déjà tendues. L’ancienne patronne du Fpi en France ne manquait pas l’occasion de critiquer publiquement la direction intérimaire de son parti. Comme elle le fit dans un courrier le 17 novembre dernier. Un comportement jugé « belliqueux et irrévérencieux, suicidaire et inadmissible » de la part de la direction. Qui ajoute qu’ « elle ignore les statuts et le fonctionnement du parti ». Son débarquement n’est que la conséquence de ce rififi. « La France est très importante dans la stratégie internationale du parti. Or la camarade Kuyo prenait certaines libertés qui gênaient la direction. La décision du président Miaka vise à ramener l’ordre », justifie un fédéral du Fpi sous le couvert de l’anonymat. Cela suffira-t-il pour vider l’eau qui s’est mélangée au gaz ?

Bamba K. Inza in Nord Sud

Tue, 04 Dec 2012 21:34:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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