La stratégie du régime d’Abidjan depuis la divulgation de la déconvenue accusée par les FRCI contre le CB était la dénégation par le silence. Les journaux ouattaristes, d’habitude prolixes à l’excès, paradoxalement étaient demeurés unanimement silencieux sur l’assaut qui a pourtant couté la vie à 32 soldats de la dictature ; ceci, dans l’espoir de faire passer les révélateurs de l’attaque du Commando Benguiste sur l’axe Man-Vavoua pour des calomniateurs et des négociants en fausses informations. Pourtant, les griots de la dictature ont préféré battre tambours et balafons autour d’une « visite de travail » entre des généraux français et ivoiriens qui se serait tenue le mardi 20 décembre, c’est-à-dire, à une date bien antérieure à l’attaque du 22-23 décembre. Pourquoi un pouvoir si souvent empressé de démontrer ses accointances avec la « France-Mère », pourquoi un régime d’habitude si pressé de justifier sa légitimité par ses fréquentations françaises annoncerait-il seulement le 26 décembre une « réunion de travail » tenue 6 jours auparavant, c’est-à-dire le 20 décembre, avec « d’éminents » responsables de « l’illustre » armée française ? Pourquoi les griots de la dictature battraient-ils si tard leurs tambours à la gloire de Ouattara ? Tout simplement parce qu’aucune « réunion de travail » ne s’est tenue le 20 décembre ; et qu’en fait, cette réunion-là, qu’ils s’acharnent à placer à une date antérieure au 23 décembre, n’a effectivement eu lieu que bien après le 23 décembre, bien après la déconfiture des FRCI à Vavoua. Cette réunion-là était bien une réunion de crise à laquelle ont participé des supérieurs de l’armée française venus en renfort au moment où s’intensifie une insurrection armée dont certains membres sont déjà infiltrés parmi les FRCI. Ouattara, qui a une prédilection pour les commandos invisibles, est bien confronté à une sérieuse insurrection armée « invisible ». Dans les jours à venir, l’on devrait s’attendre à une intensification de la politique de fébrilité, qui consiste à mettre aux arrêts des citoyens sur la base de simples soupçons ou de simples songes.
M. Frindéthié