Lorsque le roi Louis XIV demandait au roi d’Assinie d’envoyer en France, son fils pour y être formé comme un guerrier, le roi d’Assinie avait trompé la vigilance de Louis XIV en lui envoyant plutôt le fils d’un esclave qui s’appelait Aniaba. Tellement Aniaba était adulé par le roi français qu’il avait oublié qu’il était le fils d’un esclave. Et lorsqu’il s’agissait de retourner dans son pays, Aniaba avait été habillé comme un roi avec un bateau chargé d’armes et d’objets de valeurs susceptibles de servir à la construction de la résidence du guerrier Aniaba. Aniaba a été donc reçu avec tous les honneurs dus à son rang par le roi d’Assinie. Mais dès que le bateau a pris le large, Aniaba qui est le fils d’un esclave a été réduit à sa simple expression. Il ne bénéficiait ni des privilèges de roi, ni des privilèges de guerrier. Il avait plutôt intégré la vraie culture de son royaume. Celle qui faisait de lui le fils d’un esclave. Le guerrier Aniba a disparu comme s’il n’avait jamais existé laissant donc la place au fils d’esclave qu’il était. A travers cette belle illustration, je voudrais dire que tu as beau être revêtu du statut de prince ou guerrier, tant que tu ne l’as pas été en réalité, tu ne le seras jamais véritablement.
A Alassane Ouattara ou Cissé Bacongo, je voudrais dire qu’on peut pénétrer une culture sans en faire partie comme un élément spécifique. Deuxièmement, la nationalité n’est pas un objet qu’on acquière parce qu’on veut l’acquérir. Feu Félix Houphouët-Boigny, en a connu l’amère expérience. Lui qui voulait de son piédestal, introduire en Côte d’Ivoire la double nationalité s’est heurté au refus catégorique de son peuple. Et le président Houphouët de se rencontre compte que la question de la nationalité tient beaucoup à son peuple. Dès lors, il ne s’est plus amusé avec ce problème. En lieu et place de la double nationalité, les Ivoiriens avaient proposé à Houphouët la création de la carte de séjour pour mieux maîtriser le problème de l’immigration qui devenait plus absorbant pour son peuple. La loi avait été votée mais sans jamais être appliquée. Sans vouloir tordre le coup à la volonté de son peuple, il a voulu s’associer à la douleur des étrangers qui semblaient souffrir de leur propre nationalité. Ila fallu un certain Ouattara pour venir appliquée une loi qui avait été enterrée depuis belle lurette.
La loi portant carte de séjour. En soi, ce n’est pas une mauvaise chose. Ce qui est mauvais par contre, c’est lorsque le même Ouattara obligé des ressortissants de la CEDEAO à devenir Ivoiriens. Ce qui constitue une source de guerre. Quant à Cissé Bacongo qui s’est donné le plaisir de lancer le débat sur la nationalité doit lui-même s’interroger pour savoir d’où il vient. Il faut que Cissé Bacongo dise aux Ivoiriens de quelle ville de Côte d’Ivoire il est natif. Je ne suis pas d’accord qu’il faille faire de la nationalité un objet sur le marché. On peut comprendre et accepter qu’après en avoir fait la demande, on vous donne la nationalité. Mais là encore, il faut en faire la demande tout en respectant toutes les conditionnalités requises. Il faut que comprendre qu’il n’y a que ceux qui se sentent intégrés dans la société et qui protègent les valeurs de cette société.
Je souhaiterais que Cissé Bacongo regarde autour de lui et me dise ou qu’il me confirme par des démonstrations de droit si Aniaba, fils d’esclave était devenu Prince ? Je crois savoir que la Côte d’ivoire a une préoccupation de l’heure. A ce pouvoir, c’est le lieu de dire que ce n’est pas le grand nombre d’étrangers, transformés en Ivoiriens qui fera de Ouattara le futur président. Notre préoccupation, c’est la libération des prisonniers politiques. La sécurisation de nos populations avant et après votre départ du pouvoir. Notre préoccupation, c’est la vente de nos produits agricoles et l’éradication de la faim devenue plus mortelle que le Sida. C’est tout ceci réuni que la question de la nationalité peut être lancée.
Cissé Bacongo doit le savoir et avec lui, tous ses amis du régime sanguinaire. Que Cissé Bacongo sache qu’en tant qu’homme de droit, si c’était le cas, il doit pénétrer la société ivoirienne. Il saura que de nos familles du nord, des hommes sont devenus Cissé alors qu’ils étaient des Koné ou des Traoré et cela, parce qu’ils sont venus se confier aux chefs de familles pour être protégés. Si le droit français a fait d’eux des Cissé, le droit culturel de nos sociétés s’est toujours gardé de faire de ces hommes ce qu’ils ne sont pas en réalité. Il faut être fier d’être ce qu’on est. Si on est Guinéen ou Burkinabè ou Malien, qu’on soit fières de son identité comme les Africains de l’époque, fiers de l’être.
Abou Cissé
Tue, 09 Jul 2013 22:20:00 +0200
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