Sur la question, les avocats de l’ex-ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo sont apparus indignés. Mais bien avant, c’est avec »surprise, douleur, consternation et amertume » que la direction du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), le parti politique de ce dernier est sorti de sa réserve, 48 heures après l’arrestation de son président. «Considérant que cette arrestation va accroître les rancœurs, accentuer la méfiance et la division entre les Ivoiriens qui croupissent sous le poids de la cherté de la vie et du chômage galopant, (…) demande instamment au gouvernement d’indiquer au peuple de Côte d’Ivoire le lieu de détention exact de Charles Blé Goudé en vue de permettre aux avocats commis pour sa défense d’avoir accès à lui» a indiqué le parti, à travers un communiqué.
Au vu de cette situation l’on est tenté de s’interroger pourquoi face au »dossier Blé Goudé », les autorités ivoiriennes ont-elle adopté la loi du silence, contrairement à celui de Lida Kouassi devant lequel elles étaient prolixes? Tous deux pourtant arrêtés au Ghana puis extradés vers la Côte d’Ivoire. Si pour les uns, cette décision a été prise pour sauvegarder l’intégrité physique de celui qui est poursuivi pour »crime de guerre, assassinat, atteinte à la sûreté de l’État, vol de denier public en réunion… », pour les autres par contre, les raisons des autorités »qui ont placé Blé Goudé en résidence surveillée dans un endroit tenu secret à Abidjan » sont plutôt ailleurs. Selon ces derniers, les actions de soutien et de mobilisation qui se succèdent autour de la Cour pénale internationale (Cpi) à la Haye, en Hollande, en faveur de Laurent Gbagbo semblent avoir donné des idées au régime d’Abidjan.
Et la tenue secrète du lieu de »résidence » de Charles Blé Goudé n’est pas fortuite. En effet, avancent-ils, »il est mieux de le tenir au secret plutôt que de voir ses nombreux supporters prendre d’assaut son lieu de résidence pour des actions de soutien ». Ce qui pourrait, dit-on, provoquer de graves débordements. Des affirmations naturellement rejetées par les premiers qui indiquent que le comportement des autorités pourrait être lié à une crainte de voir des personnes proches du pouvoir tentées de faire la peau à Charles Blé Goudé.
Rappelons qu’au nom du collectif d’avocats, Me Hervé Gouamené, a révélé que Charles Blé Goudé passera, le mercredi 30 juin 2013, devant un juge d’instruction pour être vraisemblablement entendu sur le fonds des accusations dont il fait l’objet.
Claude DASSÉ in Soir Info
Mon, 28 Jan 2013 01:15:00 +0100
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