Ces changements alimentent une forte polémique dans la capitale économique ivoirienne, dans la mesure où les principaux concernés par ces mesures figurent parmi les personnalités les plus controversées. Alors, sanction ou pas sanction ? Zakaria Koné a notamment été muté au Bataillon d’artillerie sol-air (Basa), situé à la caserne d’Akouédo, près d’Abidjan. Ce camp militaire avait été la cible d’une attaque d’hommes armés non identifiés au début d’août.
Un limogeage qui ne dit pas son nom ?
Le 7 novembre, au cours d’un rassemblement à la place d’armes de la caserne du génie d’Adjamé, base de la police militaire, Zakaria Koné a confirmé à la troupe son départ pour Akouédo, mais il a aussi déclaré qu’il restait sur place en attendant son successeur. Une attitude qui laisse présager un limogeage qui ne dit pas son nom… D’autant que, dans le dernier communiqué d’Amnesty International, Zakaria Koné et ses hommes de la police ont été épinglés comme auteurs de graves violations des droits de l’homme dans leur base.
En outre, plusieurs chancelleries occidentales ont régulièrement interpelé le gouvernement ivoirien sur les pratiques rétrogrades de certains chefs militaires. Même si le gouvernement avait réfuté ces accusations, Paul Koffi Koffi, le ministre délégué à la Défense et son collègue Gnénéma Coulibaly des droits de l’homme, avaient effectué une visite de terrain sur les lieux de quelques unes de ces violations présumées.
Réforme de l’armée
À la fin d’août, en petit comité, le ministre délégué à la Défense avait d’ailleurs déjà annoncé des mouvements au sein des FRCI, notamment pour les ex-commandants de zone (Comzones) de la rébellion. Mais du côté de la Présidence, on explique que ces changements d’affectations entrent dans le cadre de la réforme de l’armée.
« Ce n’est pas une sanction. Il était prévu de longue date que Zakaria Koné et certains ex-commandants devaient intégrer des unités régulières. C’est qui a été fait. Pour sanctionner quelqu’un, on ne le met pas au cœur du dispositif sécuritaire d’Abidjan », estime un conseiller de Alassane Ouattara. De fait, selon des analystes militaires, la Basa n’a jamais été opérationnelle depuis dix ans. Il incombe désormais à Zakaria Koné de faire monter en puissance cette unité.
Par Baudelaire Mieu, à Abidjan in Jeuneafrique.com
Thu, 08 Nov 2012 13:00:00 +0100
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