« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Armée nationale Le torchon brûle entre Paul Koffi Koffi et le Gl Soumaila Bakayoko

Le dernier test d’entrée à l’Empt de Bingerville laisse entrevoir un conflit de compétence entre le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi et le chef d’état major général des armées, Soumaïla Bakayoko. Des observateurs pensent que le mal est plus profond. Des faits récents montrent que les rapports sont tendus entre eux. Notamment l’incident créé par le test d’entrée à l’Empt pour l’année scolaire 2012-2013. Une situation favorisée par le manque d’autorité du ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, qui semble flotter dans le gouvernement, incapable de prendre la moindre décision qui puisse contrarier les tout-puissants chefs militaires aux commandes des FRCI. De nombreux observateurs se demandent aujourd’hui qui des deux autorités a le véritable pouvoir de décision. Dans l’affaire du concours d’entrée à l’EMPT qui continue de défrayer la chronique, font remarquer des observateurs, c’est la décision du Cemag Soumaïla Bakayoko, en date du 5 octobre dernier, qui vient remettre en cause celle du membre du gouvernement validant la liste des candidats définitivement admis. Face à cette attitude qui ressemble à une insubordination, le ministre ne dira mot. Et comme pour démontrer l’impuissance de Paul Koffi Koffi, le Cemag décide, outrepassant ses prérogatives, d’organiser le second test dit de confirmation.
Ce qui est étonnant car le premier test annulé contre toute attente par Soumaïla Bakayoko a été piloté par le ministère de la Défense. En atteste le cachet et la signature du ministre apposés sur les résultats définitifs. D’ailleurs, précisent des sources militaires, c’est le ministère qui a toujours piloté l’organisation de ce concours. L’énigme dans cette affaire, c’est la position du chef de l’Etat Alassane Ouattara qui détient dans les faits le portefeuille de la Défense mais n’a pas daigné lever le plus petit doigt pour mettre fin à ce qui apparait comme un cas d’indiscipline.

L’énigme au niveau des prérogatives

Le mutisme de Ouattara alimente, il faut le dire, les supputations. Le maitre du jeu n’a-t-il pas confié la réalité des prérogatives du ministre de la Défense au chef d’Etat-major des armées ? Ce qui ferait de Paul Koffi Koffi un ministre en papier, avec les attributs sans les prérogatives. Tout porte à le croire. Alors que les parents des enfants admis puis recalés avaient obtenu du ministre Paul Koffi Koffi l’assurance de réparer l’injustice dont leurs progénitures sont victimes, les jours qui ont suivi ceux-ci ont été chassés manu militari de
l’école sur ordre du Cemag, le 4 novembre 2012. Là encore, sans que le ministre ne dise mot. S’il avait promis de s’impliquer dans la résolution du problème, c’était juste pour se débarrasser des parents qui l’agaçaient. Il ne peut se permettre de contrarier Soumaïla
Bakayoko et il le sait. Au demeurant, s’imposera-t-il – le ministre si prompt à proférer des messages à l’endroit des pro-Gbagbo -d’adresser un message téléphonique au commandant école de l’Empt pour lui demander «de ne pas brutaliser les enfants et leurs parents». Après que l’un des parents d’élèves lui a transférer le message du commandant de l’Empt les invitant à venir chercher leurs enfants. A l’analyse, le chef d’état-major des FRCI a géré le dossier de l’EMPT, de bout en bout, sans que le ministre délégué à la défense n’ait son mot à dire. Ce qui achève de convaincre que Paul Koffi Koffi est dans le rôle d’un ministre sans prérogatives. Il est sans doute le prototype du «ministre délégué» sous Ouattara.

Hermann Djea in Le Nouveau Courrier

Thu, 08 Nov 2012 23:10:00 +0100

La Dépêche d'Abidjan

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