Six agents de l’office national de l’identification (Oni) ont été mis aux arrêts, jeudi dernier, par la direction de la police criminelle (ex-PJ). Il s’agit de MM. Vy Paul, sous-directeur de de l’état civil à la retraite, Coutou Aboua, Godé Guillaume, Sahué Zadi, le sergent Guédé Séry et Mme Gotrin. Il leur est reproché d’avoir falsifié des documents administratifs. Ce que les mis en cause rejettent catégoriquement.
C’est en décembre dernier que les six agents ont été convoqués par la direction des renseignements généraux de la Police nationale. Là-bas, on leur a demandé d’expliquer la procédure d’établissement des pièces administratives qui relèvent de leurs compétences notamment les attestations d’identité. Chacun a décrit le chemin parcouru jusqu’à la signature. Les agents pensaient avoir convaincu les enquêteurs quand le vendredi 9 mars dernier, ils sont rappelés, cette fois à la police criminelle. Les policiers brandissent un certain nombre d’actes supposés établis par l’Oni dont la photocopie de l’attestation d’identité portant le nom de Kanga Jean-François avec curieusement la photo d’Emile Guiriéoulou, le tout dernier ministre de l’intérieur de Laurent Gbagbo. Mais en plus, l’extrait de naissance ayant servi à son établissement n’aurait pas de correspondant dans les registres d’état civil de Sassandra où il est censé avoir été enregistré. Les agents remarquent quelques anomalies, mais en l’absence de l’original, ils ont du mal à se faire une idée précise. Il s’agit visiblement d’une manipulation. M. Vi Paul, le signataire du document, explique que les photos sont mises sur les documents après qu’il les ait signés.
Les agents sont encore une fois invités à retourner à l’ex-PJ, jeudi dernier, pour signer leurs procès verbaux d’audition. Et c’est là qu’on leur signifie qu’ils sont mis aux arrêts. Hier, vendredi, ils ont été présentés au parquet du tribunal du Plateau puis entendu par la juge d’instruction Cissé Makoni dont la décision était attendue aux environs de 20 h. A l’Oni, c’est l’étonnement. Et ils sont nombreux à penser que la chasse aux pro-Gbagbo qui avait commencé dans d’autres administrations a atteint la structure chargée de l’identification. Il faut mettre à l’écart les regards indiscrets pour mieux tripatouiller l’état civil. C’est vraiment inquiétant.
Augustin Kouyo in Notre Voie