« Quiconque tient l'histoire d'un peuple tient son âme, mais quiconque tient la spiritualité d'un peuple le contraint à vivre sous le joug d'une servitude éternelle. »

Cheikh Anta DIOP
Categories: Politique

Arrestation de Hissène Habré, Macky Sall se débarrasse d’un hôte encombrant

En faisant arrêter Hissène Habré le dimanche dernier, Macky Sall le président sénégalais venait ainsi d’actionner l’infernale machine judiciaire contre l’ex-dictateur tchadien.

Réfugié au Sénégal depuis sa chute en 1990 après huit années d’un règne sanglant, il coulait un exil doré dans la luxueuse résidence des Almadies que les autorités sénégalaises avait mise à sa disposition, dans ce quartier chic de Dakar. Depuis deux décennies, plusieurs plaintes ont été déposées contre l’ex-président par les parents des victimes, notamment auprès des tribunaux belges reconnus de compétence internationale. Mais en vain, l’ex-homme fort de N’Djamena n’a jamais été livré ni par Abdou Diouf qui l’avait accueilli, ni par son successeur Abdoulaye Wade. Pourtant, en 2006, le Sénégal avait été mandaté par l’union africaine pour le juger. Avec l’arrivée de Macky Sall, les choses semblent bouger.

Dès son arrivée au pouvoir en mars 2012, le nouveau président sénégalais a clairement affiché sa volonté de juger Hissène Habré, mais s’est refusé à l’extrader vers la Belgique qui le réclamait depuis plusieurs années. La récente visite de Barack Obama au Sénégal aura été déterminante dans le déclenchement de la procédure.

Au cours de son entretien avec son hôte sénégalais le jeudi 27 juin dernier, le chef de la Maison Blanche a félicité le Sénégal pour ses efforts en vue d’organiser sur son sol, le procès de l’ex-dictateur. Les Etats- Unis ont promis de participer financièrement à l’organisation du procès qui va coûter environ 5 milliards de Fcfa. L’arrestation de Hissène Habré est intervenue après la mise en place d’un dispositif judiciaire qui a commencé par la mise en place en décembre 2012, en accord avec l’UA, d’un tribunal spécial composé de juges sénégalais et africains.

Quatre chambres spéciales sont créées, dont deux pour l’instruction et l’accusation, une Cour d’assises et une Cour d’appel. La mise en place de cet arsenal judiciaire terminée, il ne reste qu’à donner à l’illustre présumé coupable, son ticket d’entrée dans cette machine. Où va t-elle conduire l’ex-président à qui l’on impute la mort de 40.000 de ses concitoyens, dont 4000 formellement identifiés? Ce sera sans doute un long procès, vu le nombre important de plaignants.
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Tue, 02 Jul 2013 03:35:00 +0200

La Dépêche d'Abidjan

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